Les primaires ne valent que si on les respecte !

4 Nov

Le point commun entre EELV et le PS est que ces deux partis ont eu des primaires pour choisir leur candidat. On les croyaient sur une voix royale mais c’est l’inverse qui se passe. Pourquoi ?

Les primaires du PS ont été un franc succès, saluées même par une partie de la droite et par l’éditocratie, comme on dit maintenant. Et pourtant, il s’opère un revirement, un peu comme en Italie pour la gauche. Comme prévu, François Hollande baisse dans les sacro-saints sondages et des dissensions apparaissent. Chez les verts d’EELV, c’est la position de la candidate qui est remise en cause …. par l’équipe dirigeante et les journalistes (voir précédent article). Mais dans la blogosphère comme chez les militants, le discours est très différent.

Parmi les votants de la primaire PS, pourtant engagés à soutenir le candidat choisi (non, on ne rit pas….), beaucoup jugent que le premier mois de campagne ne répond pas aux attentes. Trop attentiste, trop  mou face à Sarkozy, en plus des erreurs et approximations sur le nucléaire, la gestion de la crise, etc…Les voix s’enfuient pour beaucoup à la gauche de la gauche ou même au Modem. Terra Nova a eu, enfin, une analyse intéressante et que nous avions prononcé dès l’annonce des résultats : Les débats sont arrivés trop tard et le candidat choisi l’a été plus par défaut, porté par une unanimité de la presse et des sondages à le présenter comme le meilleur face à Sarkozy. Les débats ont contribué à changer la donne mais trop tard pour que l’ensemble des votants soit convaincu.Le résultat de la primaire ne serait donc pas, dans ce cas, le reflet de l’aspiration des votants, aussi curieux que cela puisse paraître.

Chez EELV, ce sont les adhérents qui ont voté et le débat a eu lieu parmi eux de manière plus concentrée. Nicolas Hulot s’est présenté peut être trop tardivement mais les sondages ont été déjoués avec une victoire sans appel pour Eva Joly, surprenant déjà l’establishment du parti. Sa ligne a été agressive, non consensuelle et elle continue dans cette voie, s’éloignant en cela de ses précesseurs. Rien à voir avec le pâle Lipietz, candidat abandonné car trop ….vert.

Le problème de ces deux partis est qu’ils ne connaissent pas leurs sympathisants et même parfois leurs militants. On l’a vu avec le PS lors du Traité sur la Constitution Européenne où les Hollande, Aubry ont soutenu le Oui contre l’avis majoritaire des militants et des sympathisants. La même chose est visible à EELV où l’on retrouve des déçus de ce PS là, des ultras verts, des modérés aussi mais surtout des gens qui ne veulent plus défendre du PS. Car l’histoire des Verts a toujours été liée au PS qui a noyauté le mouvement écologiste pour éviter de perdre de son électorat. Cela contribuera par exemple à diviser le mouvement avant de le revoir enfin uni dans Europe Ecologie au cours des dernières élections européennes. Mais il faut croire que les vieux démons resurgissent dés que le succès des verts est trop grand.

Le problème existe différemment à droite où il n’y a pas de primaires. Paradoxalement, les dirigeants politiques n’aiment pas la démocratie, la vraie et les primaires en sont l’exemple criant. Oui, ils l’utilisent pour acquérir une légitimité mais ils n’écoutent pas les messages qui en ressortent. C’est à cause de cela que l’opinion publique ne croit plus en la politique et que l’on peut entendre et lire de plus en plus de personnes n’ayant pas envie de participer à une mascarade en 2012. A droite, il y a bien d’autres raisons mais à gauche, le mal vient d’une arrogance et d’un aveuglement de cette élite, un sentiment sur lequel tente de surfer un Mélenchon, pour l’instant, sans convaincre totalement tandis qu’Eva Joly misait intelligemment sur son coté atypique, intransigeant et respecte en cela le mandat donné par ses électeurs.

Oui, les primaires ne servent que si on les respecte, si les partis comprennent les aspirations de leurs électeurs. Elles peuvent se transformer en dynamique si l’on respecte le message porté par le candidat. Pour le PS, l’erreur a été de croire à un message porté …. par la presse et non par les électeurs. C’était le cas en 2002 lorsque Lionel Jospin croyait qu’un bon bilan suffisait et n’écoutait pas les aspirations du “peuple de gauche” et des déçus de la politique qui s’enfuient dans les extrèmes. Les symptômes reviennent périodiquement et après le mirage du changement, c’est la réalité qui a repris le dessus. Puissent-ils tous l’entendre.

About these ads

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

Join 489 other followers

%d bloggers like this: