The Artist

19 Nov

Sortir un film muet et noir et blanc en 2011, voilà qui paraît gonflé. Entre comédie, romance et hommage, Le film hésite et surprend. Qu’en penser?

Le problème est de savoir qui regarde le film. Car pour celui qui connaît ses classiques du muet, qui a vu des Métropolis de Fritz Lang, des Aurores de Murnau ou encore des Chaplin hors période Charlot, l’avis sera très différent d’un néophyte en la matière. Mais commençons pas les points forts du film : La photographie noir et blanc est magnifique et les quelques effets numériques, nécessaires pour recréer le cinéma de cette fin des années 20, passent inaperçus. Le casting est plutôt bon avec une Bérénice Bejo truculente et sympathique et un Jean Dujardin montrant une belle sensibilité. On citera aussi John Goodman en producteur et le toujours très charismatique James Cromwell. Mais….

Mais il y a aussi un problème avec ce même casting et une direction d’acteur qui s’éloigne du style de cette époque. Bérénice Bejo est crédible dans son rôle mais on la voit mal dans un film de 1930, avec un tel jeu. Jean Dujardin est pénible dans les premières minutes, donnant l’impression d’un OSS117 en noir et blanc. Le déclic intervient au bout d’une demi heure, quand il change de registre pour aborder la romance, la tristesse, la bonne partie du film. A ce moment, l’histoire décolle vraiment avec des scènes mémorables comme celle du cauchemar. Hazanavicius hésite aussi dans sa manière de filmer entre modernisme et classicisme. Et au final, si le film reste globalement bon, on se dit qu’il aurait été  plus gonflé de le filmer en couleur et dans un style moderne tout en jouant la carte du muet. On le sent beaucoup plus à l’aise que dans des hommages masqués aux films musicaux, où Dujardin paraît bien lourdaud, d’ailleurs.

Dans cette année de Cinéma, The Artist se situe donc dans la bonne moyenne, celle des jolies surprises mais il est bien loin de ses modèles. C’est un Ovni, un coup de pub de producteur et de réalisateur mais il ne marquera pas l’histoire du cinéma à qui il rend pourtant un vibrant hommage.

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One Response to “The Artist”

Trackbacks/Pingbacks

  1. The Artist, symbole de la délocalisation « IceZine - 27 February 2012

    [...] Artist, nous en avons déjà dit le bien et le mal que nous en pensions. Mais c’est surtout le succès d’un producteur égocentrique, ce qui aide plutôt dans [...]

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