Le Bilan numérique du quinquennat Sarkozy

7 Dec

Nicolas Sarkozy essaye de redorer son blason dans le domaine du numérique en s’affichant par exemple aux cotés de Larry Page. Pourtant, son bilan est particulièrement mauvais dans le domaine.

Nicolas Sarkozy, c’est le président de la loi Hadopi, une mesure qui n’a montré aucun effet sur le piratage, a déplacé le problème ailleurs et a surtout été dictée par une industrie musicale et cinématographique qui veut se faire plus d’argent par le numérique (voir l’article sur la répartition des droits). Il en coûte 7 millions par an environ pour cette mesure.

Nicolas Sarkozy et son détestable ministre de la culture (Merci pour la Corrida) ont essayé de mettre en place la ridicule Carte Musique, montrant à quel point ils ne connaissent pas le marché de la musique et la demande des consommateurs.

Nicolas Sarkozy et le ministre Eric Besson sont aussi ceux qui n’ont rien fait pour aider les petites entreprises du secteur numérique à s’implanter, à se développer à l’international alors que l’on a un vivier conséquent en jeunes diplomés dans lequel viennent puiser les entreprises étrangères du domaine internet, cinéma d’animation, périphériques numériques entre autres.

Nicolas Sarkozy c’est aussi, avec son ministre Wauquiez, celui qui croit que les étudiants doivent utiliser des Ipad, un système fermé d’une entreprise américaine alors que des alternatives françaises auraient pu être mises en avant.

Nicolas Sarkozy, c’est l’homme du Conseil National du Numérique, dont Pierre Kosciusko Morizet donnait les pistes de constitution : Utilisateur, Opérateur de télécommunication, Equipementier, Intermédiaire des contenus, Acteurs du contenu. Les membres sont donc : 21% d’opérateur télécom, 5% d’équipementier, 16% d’hébergeur, 42% de fournisseurs de contenu et 16% de société de logiciels mais surtout 0% d’UTILISATEUR final ! Au passage, on aura donné une petite image aux fondateurs de Dailymotion et Deezer, histoire de leur faire passer la facture que leurs imposent les majors. Bref, encore un conseil qui ne peut qu’aboutir à une vision uniquement mercantile du numérique.

Nicolas Sarkozy, c’est l’homme qui a permis la vente de systèmes de filtrage des communication à des pays comme la Lybie, histoire d’avoir un beau retour d’expérience pour le Deep Packet Inspection, la nouvelle arme qui se prépare à espionner tout ce que l’on fait sur le net, sous prétexte de protéger les ayants droits (lesquels?)

Nicolas Sarkozy, c’est l’homme de Data.gouv.fr, un super moteur de recherche de données gouvernementales pour que tout le monde puisse voir les comptes de l’état, etc. Un outil qui utilise des formats propriétaires comme l’XLS au lieu des standards du web ou du pdf. Un outil qui prend bien garde de mettre en avant certaines données pour mieux en masquer d’autres. Bref, de la propagande plus que de la transparence.

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy c’est aussi celui de l’accord BNF-Google sur la numérisation des documents. C’est à la fois un refus de voir les capactités de la France dans ce domaine et encore un pas vers la mercantilisation du domaine public.

Nicolas Sarkozy et son quinquennat est celui du déclin avec une baisse de 5 places dans le classement de l’économie numérique de The Economist. C’est le manque de vision sur cette nouvelle économie qui est flagrante. Car le plan plus que tardif d’Eric Besson est plus que ridicule avec une série de mesurettes et aucune ambition pour mettre en avant les forces de notre pays. Un exemple flagrant est le manque de maîtrises des outils bureautiques des élèves sortant du lycée ou de Bac+2 : En surface, ils sont capables d’écrire un document mais sans être efficaces et efficients avec. Ils savent utiliser un ordinateur mais n’apprennent plus les bases pour en comprendre les problèmes et les fonctionnements. La politique d’informatisation des écoles dans les années 80 a été parfois ridicule mais elle était une première marche nécessaire pour monter l’escalier du numérique. Ce quinquennat et celui d’avant ont laissé le chantier en plan. Il sera très couteux maintenant de rattraper le retard pris.

La chargé du numérique dans l’équipe de campagne de François Hollande, Fleur Pellerin,  semble avoir pris en compte certains de ces points mais nous pouvons avoir peur de sa vision comptable du secteur, de par sa formation. Qu’on se le dise, le numérique est aussi un outil pour les citoyens et pas seulement une industrie. La vision du numérique, même s’il ne paraît pas essentielle, est un point crucial dans la campagne car elle conditionne les emplois et formation de demain et donc l’avenir du pays. Parler jeune et numérique dans un programme, c’est bien, mais comprendre c’est encore mieux.


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