The Artist, symbole de la délocalisation

27 Feb

Tous les médias français et la profession du cinéma vont s’enchanter des prix raflés par The Artist aux Oscars. C’est vrai qu’un réalisateur français et un acteur français primés la même année, c’est du jamais vu. Mais un film français, vous êtes sur ?

The Artist, nous en avons déjà dit le bien et le mal que nous en pensions. Mais c’est surtout le succès d’un producteur égocentrique, ce qui aide plutôt dans le métier, et prêt à tout pour être enfin reconnu en dehors de l’hexagone. Aussi a-t-il batti une équipe de combat sur ces oscars 2012 avec ce qu’il faut de lobbying. Car depuis une dizaine d’années, les oscards n’ont plus vraiment de valeur artistique, si toutefois ils en ont eu diront les pus americanophobes. Les frères Weinstein y sont des experts avec des victoires aussi oubliées que Le Patient Anglais… Et Langman s’est attaché leurs services. L’oscar est une campagne politique à l’américaine qui commence par la date de sortie calibrée pour et se poursuit avec le choix de l’équipe du film. Oui, vous avez bien lu : l’équipe technique va définir l’influence du film car le cinéma US et les oscars sont guidés par un imbroglio de guildes et de syndicats.

Voyons l‘équipe de The Artist, justement : Sur 60 acteurs, il y a 2 français soit 3% du casting. Pas étonnant qu’il obtienne un prix de l’actor’s guild. La direction artistique est tenue par un américain, le décor aussi, Le maquillage également. Le son…oui, pour un film muet, il y a du son, du moins sur une petite partie, le son est tenu par des français. Les effets spéciaux sont américains mais les effets visuels sont français. Les cascadeurs, l’electricité, les caméras sont tenus par des américains. Les costumes sont américains. La musique est française car faite en post-traitement. Le transport est américain et le lieu de tournage américain. Normal le sujet est centré sur le cinéma américain avec même un titre français qui l’est. A croire que le cinéma français muet n’a jamais existé : Les familles de Max Linder ou de Georges Méliès apprécieront. D’ailleurs l’autre primé de l’année, Hugo Cabret, rend hommage au film muet français et à Méliès : cherchez l’erreur. Le fait d’utiliser une équipe américaine donne aussi un poids certain dans les votes de l’académie des Oscars et cela ajouté au sujet et au lobbying couvre le film de succès.

Avec The Artist, c’est le triomphe de la délocalisation du cinéma français où beaucoup de producteurs n’hésitent pas à aller tourner avec des capitaux français mais des équipes étrangères. La profession préfère encenser Langman et décrier Besson, Jeunet ou même Annaud dont le très international Or Noir avait plus de techniciens français que The Artist. Et The Artist c’est aussi l’expression du complexe d’infériorité vis à vis du cinéma américain qui fait qu’on lui rend hommage, qu’on le couvre chaque année de prix et de médaille sans réciprocité…. Sauf de la part de réalisateurs américains aussi cultivés que Spielberg, Scorcese, Coppola, … qui ne manquent jamais de citer leurs modèles français. Quand on pense à tous les talents capables de faire bien mieux que Jean Dujardin en danse ou en comédie, ne serait-ce qu’en France, il y a de quoi se poser des questions. Au moins Bérénice Bejo aura été récompensée en France pour son réel talent (elle joue très juste et danse bien mieux que son partenaire) !

Oui en France, nous aimons détruire ce qui a du succès… Mais nous avions déjà émis un bémol sur ce film avant la succession de prix. Alors ne nous réjouissons pas trop vite de ce succès et regardons plutôt la forêt cachée par cette arbre pour découvrir le véritable état de la profession du cinéma. Le sacre du médiocre biopic La Môme n’aura pas eu beaucoup de retombées mais si au moins The Artist pouvait servir à cela….

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2 Responses to “The Artist, symbole de la délocalisation”

  1. david 6 March 2012 at 6:36 pm #

    Assez d’accord sur l’analyse de fond. Là où je le suis un peu moins c’est qu’effectivement il y a peu de sang français dans l’affaire mais l’histoire retiendra que ce sont le peu des français qui ont eu les prix principaux.
    Car on se souvient presque toujours du prix des acteurs ou des réals, celui qui a fait le son, à part avoir un prix qui va faire plaisir à lui même et à sa famille, c’est bien tout.
    Quand à Thomas LANGMAN, fils de, il est pas si fréquentable que ça mais ni moins, ni pire que la moyenne du milieu donc…
    De toute façon tout le monde s’en cogne puisque le battage médiatique est moindre avec cette éléection présidentielle et cette viande halal qui est la star média du moment

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    • iceman75 6 March 2012 at 7:10 pm #

      Berenice Bejo n’a pas eu d’oscar ? C’est la faute à la viande Hallal.
      Oui on retiendra Dujardin oscar, enfin….j’oublie souvent l’oscar de Juliette Binoche et de Marion Cotillard et tout le monde a oublié la magnifique Claudette Colbert. Et combien de grands films reconnus ont été oubliés. Le temps a souvent raison de tout cela. Rendez vous dans 30 ans, mon ami !

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