Sur la route

7 Jun

Adapter un roman au cinéma n’est jamais simple. Mais lorsqu’il s’agit d’un mythe littéraire comme le “Sur la Route” de Jack Kerouac, cela peut relever de la mission impossible.

Dans cet ouvrage autobiographique inavoué, Kerouac nous emmène dans l’après guerre des Etats-unis suivre Sal (lui même), Dean, Carlo, Marylou, Camille, …. dans une errance mélant sexe, drogue et ….jazz. Ce livre a été un des éléments fondateur de ce que Kerouac appelait lui même la “Beat Generation” mais surtout les prémices des mouvements beatnik, hippies que l’on retrouvera ensuite. En dehors de sa dimension maudite pour son auteur, il est souvent cité mais finalement peu connu car difficile à lire. Son style n’a en effet rien d’agréable, entre fulgurance des idées et manque de lien entre les “aventures” de nos héros.

Après 40 ans dans les tiroirs de Copolla, le projet a échoué dans les mains de l’expérimenté réalisateur brésilien Walter Salles (Central Do Brasil). Comme toujours, il y a deux manière de “juger” le film :

  • Si l’on connaît le livre, il y aura de la satisfaction de retrouver l’esprit du livre, de mettre un visage sur ces personnages. Sans être trop fidèle, Salles tente de retranscrire l’esprit d’un Kerouac perdu dans ce monde, attiré comme un aimant par Dean. Oui, il y a ce coté sulfureux, profondément sexuel entre le héros et ce pays parcouru, cette vision machiste des femmes qui ne restent que des objets de plaisirs pour Dean ou même Kerouac, cette froideur et en même temps cette fragilité jamais vraiment creusée par l’auteur. Et pourtant celui qui aime le livre n’aimera sûrement pas le film car il ne peut être démystifié, totalement retranscrit à l’écran tant le lecteur ne le recevra qu’en mettant de lui.
  • Si l’on ne connaît pas le livre, il y aura de l’ennui, ce même ennui qui l’on ressent à la lecture du livre. Il y aura de la lassitude à voir ces alternances de beuveries, orgies, et autres moments de débauche. Il y aura de l’incompréhension même si Salles essaye d’installer les 2 personnages principaux pour les rendre un peu plus sympathiques. Heureusement qu’il s’est aidé de bons acteurs autant Sam Riley dans celui du héros que Garret Hedlund dans celui de Dean, Viggo Mortensen dans celui de Bull Lee, Kristen Stewart et Kirsten Dunst dans les principaux rôles féminins. Cela aide grandement à faire passer les 2h20 du film.

Avec une colorimétrie chaude, Salles retranscrit bien la chaleur de l’ambiance du livre. Il y ajoute un jazz omniprésent dont on a souvent oublié l’importance dans cette époque pré-rock’n roll. Le rôle du film est finalement de tenter d’intéresser le spectateur à cette époque, presque comme un documentaire que le livre n’était pas loin d’être d’ailleurs. C’est un témoignage d’une transition entre la guerre et l’époque de la libération des moeurs. En cela, Salles a réussi un pari qui ne pouvait être totalement gagné. De là à en faire un grand film ?!

About these ads

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

Join 469 other followers

%d bloggers like this: