Oui, la marque Louis Vuitton a présenté sa copie du fameux cabas "Barbes", symbole de ce quartier de Paris et objet souvent accolé à l’image de l’immigré rentrant dans son pays pour les vacances.
C’est le créateur Marc Jacobs qui a eu l’idée de détourner ce symbole, comme un retour à l’envoyeur pour les copies de Vuitton qui circule à Barbes. Et il facture cela 1200 Euros, sans faire état du fait que la toile utilisée n’a rien de beaucoup plus noble que celle de l’original, vendu de 0,5 à 2 Euros !
M. Jacobs veut donc détourner ce symbole pour parler contrefaçon ? Ou bien veut-il s’approprier un objet du domaine public ? Car on s’interrogera sur la possibilité de Vuitton de considérer un jour que c’est Barbes qui le copie. Enfin quand on dit Barbes, c’est vite dit car le sac n’est pas fabriqué là et d’ailleurs il y a bien longtemps que Barbes n’est plus le quartier phare pour trouver de la contrefaçon. Maintenant asseptisé, presque calme, le quartier n’est plus celui d’il y a 20 ou 30 ans où l’on pouvait trouver des vendeurs de montres à la sauvette et autres produits de luxe. Le sac est bien le symbole d’une coupure dramatique entre le monde du luxe et la vie réelle. Louis Vuitton est issu d’une famille modeste et a gravi les échelons en lisant intelligemment les tendances. Son entreprise a évolué mais si le succès est toujours là commercialement, l’image de l’entreprise se connote négativement. Et si Jacobs a eu de très bonnes idées pour dépoussiérer cette vénérable entreprise, il commence lui aussi à oublier les fondamentaux.

Même signé Vuitton, c’est moche. Et ça ne manque pas d’ironie d’imaginer les vieilles (et jeunes) rombières se pâmer puis se balader fièrement avec…