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Politique : Sondages, comment ça marche?


Les journalistes et politiques français sont étranges : Il suffit que le résultat d’un sondage ne leur plaise pas pour qu’il remettent en cause toute une profession qu’ils utilisent pourtant à loisir pour informer et / ou manipuler l’opinion. Mais comment ça marche un sondage?

Avant, on rencontrait des sondeurs dans la rue, souvent des étudiants en mal d’argent, avec leur petit carnet de feuille et leur bonne volonté. Ou bien, nous avions droit au coup de téléphone de l’institue qui nous pose des questions. Mais tout cela est terminé ou presque avec l’ère d’internet. Les sociétés d’enquète en ligne sont légion et utilisent des moyens bien similaires : Une incitation à s’inscrire et participer aux enquètes avec un système de point ou des tirages au sort donnant droit à des cadeaux ou de l’argent. Rien de très luxueux car il faudrait recevoir des dizaines d’enquète par jour pour en vivre ou pour être sur de gagner. Donc, contrairement à ce que Médiapart laissait entendre, les sociétés ne payent pas les sondés systématiquement et surement pas à 7000 Euros sinon elles seraient ruinées.

Tous les questionnaires commencent par la définition du profil du sondé selon son age, sa profession, sa position familiale, et parfois sa situation géographique. C’est à partir de ces premiers critères que les résultats sont jugés recevables ou pas. Car derrière ce profil, l’institut à défini une modélisation de la population sondée. Dans le cas d’une enquète sur la présidentielle 2012, il s’agit de la population française et les critères cités précédemment sont pondérés par une quantité de population. Par exemple :

  • Il y a x personnes de 25-35 ans, de sexe masculin, mariés avec 1 enfant, travaillant comme artisan.
  • Il y a y personnes de plus de 70 ans, de sexe féminin, sans enfant, retraité.

A partir de cette pondération, on définit aussi la taille de l’échantillon. Il s’agit en fait du nombre de personne qu’il faut sonder pour que cela soit représentatif de cette population totale. A cela s’ajoute un pourcentage de risque d’erreur. Ainsi il n’y aura pas le même nombre de personnes sondées pour chaque typologie définie.

Le problème des sondages est qu’ils s’appuient sur des modèles d’une population selon des critères limités. Ils utilisent un pannel répétitif et volontaire. Les enquètes sont souvent faites sur un échantillon réduit de 1000 à 2000 personnes, ce qui est très peu par rapport à la variété de la population. Cela représente 0,004% de la population et au mieux les enquètes vont parfois à 0,02% de la population. L’échantillon est donc mathématiquement trop faible pour être fiable.

C’est là qu’intervient la correction : L’institut va utiliser d’une part son modèle de population pour pondérer chacune des réponses mais aussi juger si chacune d’elle est recevable. Car après tout, un sondé peut répondre de manière distraite uniquement pour gagner des points ou le tirage au sort. Il faut donc supprimer les valeurs abbérantes de l’enquète. A l’issue de ce traitement que je juge difficile d’automatiser efficacement et totalement, le résultat de l’enquète est fourni.

Pour un même panel de sondés, on peut tout à fait avoir des résultats corrigés différents puisque le modèle de population utilisé ne sera pas le même. Il est très compliqué de fournir ce modèle pour être compréhensif de tout un chacun. Fournir les résultats bruts n’auraient aucun sens. Les demandes de transparence des hommes politiques n’ont donc pas vraiment d’intérêt. Il vaudrait mieux demander aux sociétés de sondage de donner un pourcentage de fiabilité sur le résultat basé sur un véritable calcul de probabilité : Ils ne le feront pas car les chiffres les décrédibiliseraient. Et en même temps, il est tout à fait possible, pour des spécialistes indépendants, d’aller voir quel modèle de population est utilisé pour comprendre s’il est recevable ou pas. La plupart des mathématiciens vous diront qu’ils ne le sont pas, malgré les modélisations les plus complexes. Car ces modélisations se basent sur des critères bien trop limités. Et le logiciel utilisé est unique même si le paramétrage varie.

Reste que cela aurait un coût important en temps et argent pour ce qui ne sont que des sondages que j’estimerai à l’aide de mon pifomètre à 25% de marge d’erreur (cela nous donnerait une Marine Le Pen de 17 à 29% etc…).  Il vaut mieux réglementer la fréquence sur un même sujet, la période de parution, l’échantillon minimum, leur parution tentant de plus en plus de manipuler l’opinion, les commandes étant passées par les intéressés dans un but non avoué (exemple, les opinions lors des grèves ou des réformes, curieusement non remis en cause).

Enfin, j’attends toujours de voir un expert d’une de ces sociétés démontrer la véracité de son modèle de population et de ses facteurs de correction face à un public averti : « mais ça monsieur, c’est notre secret de fabrication », répondent ils.

PS : selon un sondage, 60% des lecteurs de ce blog y reviennent plusieurs fois….population de 10000 personnes réparties dans 34 pays.

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