france

Présidentielle 2012 : Quand le non-vote est une force…


Le droit de vote est une chance et bien des pays nous l’envient. Et pourtant, il y a des situations où le non-vote est le seul moyen d’expression. 

Par non vote, je veux dire le vote blanc mais aussi l’abstention. L’un est un vote clairement protestataire par rapport à la représentativité des candidats présents et n’est pas comptabilisé ou mis en valeur. Le second est un vast melting-pot de protestataires, dégoutés de la politique, nihilistes et j’en passe.

En 2007, il y avait eu un sursaut dans la participation, surtout en réponse à ce désormais fameux scrutin de 2002 qui avait vu Jean-Marie Le Pen au second tour. Un second-tour qui n’avait alors pas respecté les règles les plus élémentaires de la démocratie française, quand bien même un des candidats est extrémistes. Oui, je l’avoue, je m’étais abstenu sur ce second tour, comme une protestation face à cette parodie de campagne. Entre la peste et le choléra, il vaut mieux parfois choisir la troisième voie.

Aujourd’hui, pour le second tour des primaires, nous nous retrouvons avec deux figures habituelles de la gauche conservatrice, tout comme Sarkozy était un représentant de la droite conservatrice déguisé en réformiste. Le but des primaires est de choisir le meilleur candidat pour battre la droite, dit-on. Alors dans ce cas, les électeurs ont tout faux et n’ont fait que suivre servilement ce matracage médiatique commencé il y a un an avec DSK (qui a mis en place aussi ce système économique absurde et continué à la tête du FMI) puis ensuite avec ce qu’il restait comme solution : Hollande ou Aubry, les deux derniers  secrétaires du PS. Alors bien sur, il y a des discours tendant plus à gauche pour l’une avec l’aide de quelques soutiens. Mais au final, l’un comme l’autre a trop de casserole face à la machine de guerre Sarkozy. La liste est longue mais citons les 35 heures, les erreurs manifestes de chiffrage des 60000 postes de l’éducation national, les emplois jeunes, la retraite à 60 ans. Oui les idées sont jolies mais concrètement, aucun des candidats n’est capable de les préciser et elles tiennent plus de l’utopie. Exemple : pour la pénibilité, qui et combien de personnes seront chargées de contrôler cette pondération des années de travail. Pour le pacte de génération, les séniors et les jeunes ne se retrouvent pas forcément, et même rarement dans les mêmes secteurs d’activités ce qui rend la mesure inutile et chère. A moins qu’il s’agisse de flatter des secteurs d’activité moribonds au détriment de ceux qui sont l’avenir de notre nation. Pour l’éducation nationale, c’est tout le contenu de l’enseignement qu’il faut revoir et la répartition ainsi que la notation et le recrutement des profs. Annoncer un chiffre sans des mesures qualitatives est irresponsable.

Malheureusement, les meilleurs idées entrevues lors de ce début de campagne ont été le fait de candidats éliminés du premier tour. Chacun des 4 en avait et on peut aussi en trouver au parti de gauche ou au FN, à EELV…. Alors la question est de faire entendre sa voix, que ces bonnes idées ne tombent pas dans les oubliettes. Les 4 éliminés doivent continuer d’exister par des jeux d’alliance, c’est la règle en politique. Mais en tant qu’électeur, nous avons le devoir de nous rappeler à leur bon souvenir en ne cautionnant pas systématiquement les favoris. Voilà pourquoi l’abstention ou le vote blanc devient une force dans un deuxième tour de scrutin. Et donc, ni Hollande, ni Aubry n’auront mon vote cette fois-ci. Et en 2012, nous verrons bien si les idées évolueront, puisque pendant que nous discutons chiffons au PS, le système financier continue son oeuvre avec notamment des actions d’entreprises qui s’effondrent et ruinent aussi les salaries qui ont investis leur participation/intéressement dans un plan épargne entreprise…Encore un des multiples exemples dont personne ne parle.

4 réflexions sur “Présidentielle 2012 : Quand le non-vote est une force…

  1. La situation de la France ne permet pas aujourd’hui une attitude de rejet. Même si vous ne le voyez pas au quotidien, nous, PME, nous galérons pour essayer de garder les emplois locaux, d’obtenir des marchés avec un euros tellement plus fort que le dollar que nous partons avec un handicap de 40%. Le gouvernement de droite n’a rien fait pour les PME, pensant que la solution passait par les grands groupes, oubliant au passage que la plus part des emplois en France venait des PME. C’est pour cela que l’on n’a pas le droit de ne pas voter, parce qu’il faut nous aider.
    j’ai le sentiment, en analysant son programme et sa personnalité que Mme Aubry me semble la plus apte à ce jour à mettre en oeuvre un politique qui irait dans le bons sens pour la France. Sa personnalité en tout cas est bien supérieure à celle de Mr Hollande, qui me semble beaucoup plus dans l’analyse des problèmes que dans leur résolution. Mais bon cela ne reste qu’un avis personnel.

    1. Il est clair que le rejet total ne fonctionnera pas. Et donc, comme quelques millions, j’ai voté au premier tour pour un(e) des candidat(e)s éliminé(e)s. Notons que tous ces candidats n’ont eu que très tardivement accès aux médias pour exprimer leur programme. Si je ne prend que l’exemple Montebourg, on voit que du moment où il a pu parler au grand public, sa cote n’a fait que monter.
      Icezine aura l’occasion de parler de la situation des PME et des secteurs industriels laissés pour mort en France. Ce sont souvent des secteurs dont on ne soupçonne pas l’importance industriel car ils arrivent en 3 ou 4 ème rang d’autres activités. Si je me fie au discours et à la personnalité, il est clair pour moi qu’Aubry est une meilleure candidate que Hollande, notamment sur le sujet du réalisme industriel. Mais elle se fera malheureusement taillé en pièce avec le matracage qu’ fait l’UMP sur les 35 heures et la soit-disant mauvais politique économique de Jospin et de la Gauche (alors que de nombreux chiffres prouvent le contraire). C’est pour cela qu’il aurait fallu du neuf, du pugnace, …. La vieille France a encore gagné cette fois et il ne faut pas attendre l’état pour avancer et faire bouger les choses, encore une fois.

      1. A propos des 35heures,

        Il faut arrêter sur la polémique des 35heures. Si la généralisation des 35heures est contestable (les 35h sont inapplicables dans les hôpitaux) en revanche dans les entreprises et notamment les PME elles ont obligé à une meilleure productivité. Croyez moi, en 2009 lors de la crise financière, beaucoup de PME ont résisté car suite aux 35h elles s’étaient restructurées pour être à l’optimum de productivité. Je ne comprends pas ce dénigrement systématique alors que cette mesure dans certains secteurs à été très bénéfique. L’idiotie a été de vouloir généraliser cela à tous les secteurs, mais qui ne fait pas de bêtise, moi le premier.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s