politique

Monde : Pourquoi écouter les Agences de Notation


On en parle tous les jours, on les critique de toute part et pourtant on (indéfini) continue à les écouter. Pourquoi ?

Nous avons déjà vu que les 3 agences occidentales ont souvent un métro de retard sur leur note et manquent clairement de clarté et de sérieux par rapport à leur homologue chinoise, par exemple. Lors de la crise des Subprimes, le trio a continué à noter AAA les banques qui ont fait faillite jusqu’à la veille du crash. Et pourtant elles conservent toute leur crédibilité dans le petit milieu des investisseurs ou plutôt des spéculateurs, tout le monde n’ayant pas perdu dans cette sombre affaire. Elles ont encore un métro de retard dans la dégradation de la France, et avant du Portugal, de la Grèce, … alors que la situation est critique depuis plusieurs années.

Rappelons au passage que ces agences sont financées par les banques, sociétés de finance et d’investissement afin d’avoir des indicateurs de fiabilité sur toutes les possibilités du monde de la finance. Il faut donc contenter et rassurer ces bailleurs de fond tout en leur permettant de faire de juteux profits. Le cercle vicieux est évident : Si elles pointent un secteur à risque, celui ci chute rapidement et il est ensuite plus aisé d’acheter ce qui ne vaut plus rien pour espérer ensuite une belle plus-value à la revente. Ces cycles de montée et de descente n’ont pas tous la même durée et les agences procurent une influence sur la périodicité de ces cycles, tandis que d’autres facteurs influent sur le très court terme (voir l’utilisation de robots pour le trading à haute fréquence)

Admettons qu’on considère que l’Europe  et l’Euro ne donne pas accès de bénéfice dans son fonctionnement. Il suffirait de pointer des failles et baisser la notation sur ce principe pour que par un effet de boule de neige la valeur chute, les taux d’intérêt augmentent jusqu’à amplifier encore la dégringolade et qu’ensuite les plus malins ou les mieux informés du traquenard s’empare de ce qu’il reste lorsque le cycle arrive à son seuil. Il ne reste plus qu’à attendre la remontée et en récolter les fruits. C’est sur ce même principe que des banques et investisseurs ont fait des fortunes pendant les guerres. Toutefois, les agences de notation ne sont pas les seules à agir sur les taux d’intérêts et la dégradation n’est pas forcément suivie d’effets, comme vu avec les Etats-Unis. Dans ce cas, l’effondrement des Etats-unis aurait eu des conséquences trop importantes pour justifier une attaque en règle et ne pas dégrader la note entamait la crédibilité des agences.

Regardons un instant un pays qui n’est plus sous les feux de l’actualité : l’Irlande. Après avoir eu ses taux d’intérêts en forte hausse, la situation s’est stabilisée puis améliorée jusqu’à parvenir à une amorce de descente maintenant que le « sujet » n’est plus intéressant. Le pays a été presque bradé avant de repartir encore timidement. Les vautours sont simplement partis manger ailleurs, sur le cadavre de l’Italie, bien plus intéressant que la Grèce qui n’était que l’amorce du système de mise à feu d’une Europe fébrile. Aujourd’hui c’est la France et demain l’Allemagne y passera peut-être (à une échelle imprévisible, la situation économique n’étant pas aussi idyllique qu’on nous le montre) pendant que l’Angleterre joue un étrange double jeu comme au temps de Mme Thatcher. Et ensuite… Nous verrons bien mais le cycle aura une fin dans une période relativement courte.

Mais alors, comment s’en sortir ? Interdire les agences n’aurait pas de sens et il est impossible d’empécher quelqu’un de les croire. C’est donc sur les possibilités d’investissement et de spéculation qu’il faut directement agir en cloisonnant beaucoup plus le marché financier. Mais pour cela, il faudrait revenir à une situation antérieure aux années 80 ce qui sous entend aussi des profits immédiats moindre que ce que nous avons actuellement. La mondialisation a bon dos pour empécher cela puisque cette déréglementation a été faite aussi mondialement…. ou presque car un pays comme la Chine est exposé indirectement aux crises mais pas directement sur sa monnaie ou sa dette. Entre ces deux situations existent une multitude de voies qu’une Europe forte peut imposer face à un marché qui n’a pas de nom. Et pour cela, il faut impérativement que les candidats aux élections en France et en Allemagne prennent la mesure de ce problème sous un angle différent du suivisme actuel, tout en réévaluant tant les dépenses que les possibilités de recettes sans tomber dans une austérité suicidaire (ce que dénoncent aussi les agences de notation, contrairement à la croyance « populaire ») . Traiter la seule dette est un faux problème comme l’a été de traiter les résultats de la crise de 2008 et pas ses causes.

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