Zarafa


La plupart du temps, le film d’animation conserve une connotation enfantine. Qu’importe si le sujet touche plus adultes, on emmène les enfants au cinéma sans penser aux plus agés que cela pourrait intéresser.

Avec Zarafa, c’est encore le cas. Dans la forme, c’est un joli film d’animation français au dessin typique de la production hexagonale et qui prend pour trame un conte africain. Sur le fond, le conte révèle la réalité de l’Afrique coloniale, une réalité dure, triste, brutale.

Car tout commence par l’esclavage avec des villages brulés, des enfants emmenés loin de leur pays et embarqués dans des bateaux après avoir traversé la moitié du continent d’ouest en est. C’est là que notre héros, un jeune enfant orphelin, fait la rencontre d’une jeune fille, elle aussi esclave. Mais l’esclavagiste blanc ne se contente pas de cette activité lucrative. Il massacre aussi la faune. C’est ainsi qu’il n’a aucun scrupule à tuer la mère d’un girafon, que le jeune garçon va tenter de protéger pendant tout le film et qu’il appellera Zarafa. Et voilà notre héros condamné à fuir tout en protégeant la petite girafe qui se retrouve dans les mains d’un bédouin nommé Hassan. Le film nous mène à Alexandrie, assiégé par les Turcs et qui demande naïvement la protection française… en offrant Zarafa comme cadeau.

La scène de la mort du girafon n’est pas sans rappeler la mort de la mère de Bambi, qui a traumatisé des millions d’enfants. La mise en scène n’a rien à voir et on ne voit pas plus de sang. Et pourtant le film recèle d’autres scènes violentes. C’est aussi la violence d’entendre les mots du Roi de France, comparant le jeune héros noir à un singe du zoo ou traitant avec mépris les ambassadeurs d’Alexandrie. Cette histoire réelle se passe il y a près de deux siècles (1827 exactement) mais montre aussi « l’éducation » de la société française vis à vis de la prétendue supériorité de l’homme blanc, une éducation qui a perdurée jusqu’au milieu du 20ème siècle et conserve des traces encore aujourd’hui.

affiche hébergée par Allociné

Ainsi, si le film s’adresse à des enfants par son dessin ou par l’attachement que l’on peut ressentir pour le jeune héros et la girafe, ses thèmes sont bien adultes. Ils le sont tant qu’il ne serait pas mauvais d’expliquer tout le contexte aux enfants qui iront le voir. Car si les réalisateurs ont collé une « happy end » à la fin de manière un peu brutale, le film conserve une tristesse pesante chez bien des spectateurs. Il suffisait de regarder le visage de certains enfants… ou parents.

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