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Présidentielle 2012 : Et c’est reparti pour un tour…


Voilà, le premier tour des présidentielles est fini et, comme prévu, c’est le duo Sarkozy-Hollande qui est en tête, sensiblement dans les pourcentages que nous avions annoncés. Oui c’est reparti pour un tour…

Un tour de débat stérile, de pugilat ridicule comme ceux auxquels nous avons assisté au cours de cette soirée électorale. Un tour de plus pour décider s’il y aura 1 ou 3 débats télévisés, cette trouvaille futée du président sortant pour éviter le débat de fond et piéger son adversaire coincé par sa position de favori.

Mais les enseignements du premier tour sont tout autre. Contre toute attente (dont la notre, avouons le), la participation a été forte. Une participation plutôt factice en réalité et qui tient plus au ras le bol d’une situation, à l’envie de « virer » cet establishment imposé. En effet, les pourcentages réunis PS+UMP sont moindres par rapport à 2007. Mais plus inquiétants encore, les votes « raisonnables » sont en chute libre. On peut penser ce que l’on veut des programmes mais Modem comme EELV n’avaient pas de programme qui fasse rêver avec des effets d’annonce. Le résultat est cruel : Un François Bayrou et une Eva Joly qui font moins de la moitié de leur score de 2007. Il faut dire que les concurrents ont chassé sur leurs terres et que François Bayrou n’avait du une partie de son score qu’à un fait divers montrant sa main de fer sous son gant de velours habituel.

Ce ras-le-bol s’est exprimé par une montée significative d’un vote protestataire de gauche avec Jean-Luc Melenchon qui est passé d’un 4% à un bon 11% ce qui représente la plus belle progression de ces élections. Reprenant des idées en rupture avec le capitalisme, empreintée au NPA ou au PCF et mélées à quelques idées du PS et des écolos, il a tenté de rééditer la poussée du parti « Die Linke » en Allemagne. Le résultat est meilleur que son modèle, d’ailleurs. Mais ce qui a marqué cette élection, c’est la poussée du Front National à 18%, soit moins que ce que l’on créditait à Marine Le Pen en début de campagne mais plus que son père en 2002. Nous avions déjà signalé cette montée sournoise d’un racisme ordinaire. Le score de Sarkozy en 2007 contenait une large part d’électeurs du FN et n’avait aucunement réglé ce problème, le banalisant même. Tout le monde, ou presque, a fermé les yeux sur un résultat prévisible (à part peut-être…. Bayrou et Melenchon). Ici, nous n’avons qu’un « juste » retour des choses. Pourtant il ne faut pas voir cela que comme un vote raciste. Il y a la peur sur laquelle la campagne a jouée et la peur fait perdre les repères, fait perdre la raison. Il y a l’exaspération de ce milieu politique parisien que Marine Le Pen a décrit avec force clichés et images d’Epinal. Il y a ces rumeurs et ces caricatures que l’on fait des grandes villes et des banlieues, des mouvements migratoires, relayées par nos grands médias à chaque fait divers. Ce n’est pas un de ces éléments qui fait ce résultat mais la conjonction de tous.

Alors que va-t-il se passer ? Comme d’habitude et à l’image de ce qui a commencé hier soir : Un racolage éhonté auprès des électeurs que l’on regardait de haut auparavant. C’est même le fait même de vouloir récupérer les extrèmes qui risque d’être le centre de ce deuxième tour et non les idées. Comme l’analysait un chroniqueur dont j’ai oublié le nom, la démocratie semble confisquée et un tirage au sort annuel serait presque plus salutaire pour l’expression de toutes les tendances, à l’image de ce qui se pratiquait dans la Grèce Antique, berceau de … la démocratie, dit-on. La victoire de la gauche entraînera des désillusions futures bien dangereuses tandis que la victoire de la droite continuera cette fuite en avant vers un gouffre. En réalité, les solutions proposées sont similaires et issues d’écoles de pensée fermées à toute nouvelle approche. Dans chacun des programmes proposés, même par le plus petit candidat, il y avait des idées intéressantes, en rupture totale parfois, mais qui amenaient d’autres paramètres. En les balayant du revers de la main, une fois de plus, le danger est qu’il ne reste plus aucune idée nouvelle et raisonnable au profit d’un désir de violence, de rejet de l’autre, d’individualisme.

C’est reparti pour un tour, un tour du même manège dont la vitesse s’accélère…

En détail, la carte est ici : http://www.google.fr/elections/ed/fr/results

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