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France : Le Changement face à l’exercice du pouvoir


On nous promettait du changement, qui l’eut cru, et au vu des sacro-saints sondages, il semble que les électeurs déchantent et attendent un autre changement. A croire que l’exercice du pouvoir change l’homme.

Prenons le cas de Manuel Valls. Ce jeune militant issu de l’immigration et entré dans un syndicat étudiant s’est rapidement fait une place au PS. A Argenteuil, il devint leader local mais ne fit que précipiter la chute du PC au profit de l’UMP avant d’aller se réfugier au conseil régional en attendant de trouver un fief plus clément. Le pouvoir, il l’a cotoyé, l’a couvert de louange pour y accéder lui même et c’est finalement bien loin du Val d’Oise, à Evry qu’il trouvera son but. Le voilà à cotoyer Roccard, puis Jospin, puis Royal au temps où celle-ci était à la mode, à se faire un nom en fréquentant les cabinets de ministères et en ayant des soutiens plutôt polémiques comme le tristement fameux Alain Bauer, franc-maçon, certes, mais surtout mentor de la sécurité dans des ministères de gauche comme de droite. En vingt ans de lobbying du pouvoir, la sécurité dans la méthode Bauer n’a pas progressé d’un pouce, bien au contraire.

Mais passons sur les liens forgés pour éxaminer l’évolution du sieur Valls. Le voilà tantôt pour le vote des étrangers avant d’aller contre. Le voilà contre et pour la Constitution Européenne….. Vous l’aurez compris, le voilà surtout à aller dans le sens du vent ou dans le sens de se forger une différence. L’exercice du pouvoir conduit à renier ses idéaux pour son idéal : Obtenir le pouvoir. En ce sens, Valls est le parfait exemple de retournage de veste et autres manigances politiques. De gauche pour la forme mais sur le fond, n’est ce pas cet homme que l’on entendra en 2009 sur le marché de sa ville dire  « Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques white, quelques blancos ». Une réprimande du PS et le revoilà toujours. Dès que Royal ne sera plus en force, il la lâchera sans vergogne.

Aussi, lorsque la police française arrête la militante basque Aurore Martin qui n’a commis que le crime d’être Pro-Battasuna en Espagne (sans aucun acte terroriste) et que M. Valls dit qu’il n’est pour rien dans cette affaire, on ne peut le croire. C’est effectivement la simple application d’une décision de justice, comme pour les Roms et le ministre de l’intérieur a beau jeu de se retrancher derrière. Mais quand on voit que d’autres décisions ne sont nullement appliquées (Dans l’affaire Lee Zeitouni, les deux français présumés coupables d’homicide n’ont pas été extradés.) , on voit que les ministres ont la vue sélective. On imagine avec effroi ce qu’il adviendrait de tous les militants des droits des animaux face à un Valls n’hésitant pas à outrepasser ses prérogatives pour faire passer la corrida. La réglementation européenne du Mandat d’arrêt a bon dos pour masquer les fautes.

L’exercice du pouvoir, c’est se retrancher derrière la responsabilité d’autrui plutôt que d’assumer les erreurs et de sanctionner les mauvaises applications de ses décisions. En ne sanctionnant rien, on cautionne et donc nous voilà avec l’impression qu’entre un Guéant qui voulait arréter Aurore Martin en 2011 et un Valls en 2012, il n’y a aucun changement. Il en est de même avec la politique économique qui consiste à dire que du coté des banques et des finances, rien ne doit changer mais que par contre Nous (notez l’imprécision du Nous) devons faire des efforts. Il en sera de même avec Hadopi toujours pas enterrée,  la politique agricole vendue à la culture intensive, la politique énergétique qui consiste à produire des décisions innaplicables et incompréhensibles … De rapports en rapports, dont le coût reste bien mystérieux, le pouvoir louvoie, évite, tergiverse, s’autocongratule.

Pour masquer tout cela, il y a l’artifice de communication comme celui qui a fait titrer « Valls interdit aux hooligans croates la venue à Paris pour le matche contre le PSG », après l’affaire Aurore Martin. De même préfère-t-on sortir la loi contre le mariage gay alors que le débat devrait se faire autour des finances publiques. Ce sont des techniques bien rodées durant le quinquennat Sarkozy et que l’on retrouve avec des ficelles un peu trop grosses avec Hollande. De Changement, mot vide de sens au regard d’un exercice du pouvoir sans inventivité, il n’y a point et cela depuis longtemps. Si Manuel Valls est vendu comme le ministre le plus populaire, on s’interrogera par quel miracle Monsieur 7% au primaire passe à une telle popularité. En attendant, la vie politique française aurait surtout besoin d’un choc de compétitivité.

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