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Birmanie : Rohingyas, ces parias ignorés du monde


Mais qui sont donc ces « Rohingya » ? Soudainement, par la faveur d’un rapport de l’ONU, ce peuple a droit à un coup de projecteur dans un pays qui en manquait : La Birmanie. Les Rohingyas seraient la minorité la plus persécutée du monde !

Anomalie géographique ?

Alors que la Birmanie est un pays dont l’ethnie majoritaire est « sino-tibétaine », les Rohyngas sont « indo-aryens », c’est à dire plus proche des Indiens ou du Bangladesh tout proche. En 1948, leur province d’Arakan a été rattachée à la Birmanie malgré cette différence. Après tout, l’Inde était elle même un conglomérat de royaumes et provinces de différentes origines ethniques. Mais les Rohingyas ont la particularité de pratiquer aussi une autre religion que leurs voisins bouddhistes ou hindouistes. Ils sont musulmans, comme les bengalis voisins ou justement les bouddhistes sont une minorité également menacée. La population de l’Arakan n’est pourtant pas constituée par les seules Rohingyas puisque ce sont les Arakanais, bouddhistes, qui en constituent la majorité, bien aidés par les migrations et les politiques de déplacement de population du régime birman.

Les Racines du mal ?
Des centaines de maisons ont été incendiées ce week-end, lors d’affrontements religieux entre les bouddhistes rakhines et les musulmans rohingyas.Crédits photo : STAFF/Reuters

Le « problème » Rohingyas et Arakaniens ne date pas d’hier, mais remonte déjà à plusieurs siècles, quand les Birmans s’attaquaient déjà à ce royaume côtier et montagneux. L’accès à la mer de cette contrée a fait des Rohingyas d’habiles marchands, leur proximité religieuse avec les marchands arabes y aidant. Cette dualité religieuse de l’Arakan a longtemps persisté malgré les guerres avant l’invasion birmane au XVIIIe siècle puis la domination britannique du XIXe siècle. Cette occupation britannique favorisera des mouvements de populations à la fois de la part des bengalis musulmans, mais aussi des Arakaniens ou Rakhines bouddhistes dont certains avaient trouvé refuge au Bengale. Ces migrations importantes, en plus de l’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché, ont attisé les jalousies et le racisme entre les communautés. L’indépendance de 48 et la dictature militaire du Myanmar n’y mettront aucunement fin.

Chassés de toute part

Les Rohingyas se trouvent chassés d’Arakan et cherchent refuge au Bangladesh voisin où ils sont parqués dans des camps. 2 vagues de migration successives ont été recensées en 1978 et en 1991-1992 au plus fort de la dictature birmane lorsqu’ils furent enrôlés pour des travaux forcés. Ils ne sont pas plus reconnus au Bangladesh en faisant de fait un peuple apatride. On estime cet exil à 1 million d’individus et leur sort, s’est trouvé ignoré, du fait d’autres sujets plus médiatiques dans cette région. La Birmanie a focalisé les objectifs des médias vers son ouverture politique et le rôle d’Aung Sang Suu Kiy, bien silencieuse sur les Rohingyas, et la position géostratégique et les ressources pétrolières de la Birmanie sont au cœur des convoitises entre la Chine, l’Inde et les États-Unis. Persécutés, battus à mort, violés, les Rohingyas survivent comme ils peuvent comme entre le marteau et l’enclume. Sans terre, sans bateaux, ils n’ont plus d’autres ressources que le tri des ordures, la prostitution ou l’esclavage (les réfugiés se retrouvent vendus jusqu’en Thaïlande ou en Malaisie).

La reconnaissance de ce peuple par le Bangladesh ou le Myanmar apparaît peu évidente tant les négociations commerciales et diplomatiques apparaissent plus importantes dans cette région. Si le gouvernement birman s’est ouvert à l’occident, c’est pour éviter une mainmise de la Chine voisine. Mais il est hélas peu probable que le problème Rohingyas soit à l’ordre du jour, malgré les efforts de l’ONU.

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