liberté

Syrie : Mise à jour de la situation – Syria, update of the situation


Il y a plus d’un an, un article décrivait la situation en Syrie. Rien n’a vraiment changé, hélas. (en bleu, les mises à jour)

La Syrie, depuis l’accession au pouvoir des Assad, est un état où le renseignement et la police ont une grande place. Surveillance de l’information, délation, tout cela était monnaie courante depuis quelques décénies et cela laisse des traces. Ainsi la maîtrise de l’information et de l’internet est un enjeu majeur dans le conflit. Aussi a-t-on vu les « insurgés » se doter d’une agence de presse officielle, chose très rare dans des conflits de ce type. Elle se charge de diffuser des images au même titre que l’adversaire avec ce qu’il faut de désinformation. Le peu de journalistes qui ont pu entrer dans le pays ont tous remonter le fait qu’ils ne pouvaient recouper les informations librement pour vérifier ce que insurgés ou pouvoir leur donnaient. D’un coté comme de l’autre, les sources sont sujettes à caution. Restent les centaines de milliers de morts, bien réels et un pays qui se divise entre pro-Assad (ou plutôt pro Baas) et les autres. Car Bachar El-Assad reste le garant de la stabilité pour beaucoup de syriens, de même qu’il n’a pas grand chose de commun avec un dictateur omnipotent comme Kim Jong Un. Le poids de l’appareil baassiste est trop souvent négligé et la succession d’Hafez El-Assad n’a pas donné lieu à une purge comme c’est souvent le cas.

Picture from syrian opponents

On s’aperçoit donc que, pour un pays censuré par le pouvoir, les insurgés arrivent très bien à diffuser leurs informations dans les nombreux médias internationaux via tous les sites « à la mode », qu’ils soient réseaux sociaux ou sites de partages de vidéos et photos. Comment se passe cette diffusion alors ? Il faut y voir l’appui des réseaux d’information arabe comme Al Jazeera (Quatar) mais aussi d’autres réseaux financés par l’opposition sunnite.

Les insurgés, qui ne disposaient pas d’armes de guerre jusqu’il y a quelques mois, sont passé subitement à l’offensive face à un ennemi qui était censé avoir avions et blindés pilonnant d’innocentes populations civiles. Sur ce dernier point, il est avéré qu’il y a eu une répression sanglante sur les civils. Mais d’où vient subitement cet afflux d’armes bien plus efficaces que les kalachnikov bricolés habituellement et les quelques prises de guerre des déserteurs? De sources sures, des appuis techniques occidentaux sont arrivés sur place tandis que des armes transitent avec les capitaux saoudiens. Nous avons vu récemment l’annonce officielle d’un soutien saoudien à l’armée libanaise, pour contre le Hezbollah, pro Assad et soutenu par l’Iran chiite.

Carte L’internaute.fr

En fait, il faut regarder la position géographique du pays. La Syrie est au nord du Liban et s’avère un soutien important au Hezbollah. On accuse souvent la Syrie de destabiliser la Turquie, allié des Etats-Unis (mais qui s’en éloigne de plus en plus), par son soutien au PKK Kurde. Mais c’est surtout sa particularité religieuse qui est la clé de ce conflit : Etat à majorité sunnite, il est gouverné par une minorité chiite. Depuis la fin (!?) du conflit irakien, on voit que chiites et sunnites s’opposent. Il faut y voir les deux poles régionaux que sont l’Iran, chiite, et le duo Quatar/Arabie Saoudite, sunnite. Que cela soient le nucléaire iranien et le blocus, la répression de la rébellion chiite à Bahrein ou encore le conflit libyen, tous ces conflits montrent le support tacite des occidentaux à un islam sunnite soutenu financièrement par les régimes pétroliers du golfe. Pourtant, il est difficile de penser que cette domination arrangerait quoique ce soit dans la stabilité de cette zone, ni même pour la liberté des populations. Il n’est donc pas étonnant de retrouver des mercenaires libyens en Syrie auprès des rebelles ainsi que des groupuscules proches de la galaxie Al Quaeda comme certaines images télévisées l’ont montré. D’un état syrien laic, il y a tout lieu de penser que la Syrie basculerait dans un état religieux sunnite, certainement aussi dictatorial que le précédent et surtout bien plus anarchique, destabilisant encore un peu plus la région et risquant d’emporter à nouveau le Liban dans un nouveau conflit. C’est d’ailleurs ce qui est en train de diviser les provinces syriennes rebelles, à l’image de l’Irak et de la Libye qui est plus divisée que jamais. Entre factions rebelles, résidus d’Al Quaeda, et ex leaders locaux avides de pouvoir, la population ne sait comment survivre. Il ne faut pas négliger non plus la Jordanie, pays à la neutralité relative dans la région et qui accueille déjà plusieurs millions de réfugiés qui pèseront politiquement ensuite.

Le suivisme de l’Europe et de la France en particulier est dans le prolongement de la désastreuse politique internationale de l’ère Sarkozy. Il est temps que la clairvoyance revienne de mise au Quai d’Orsay. Car un point a été trop négligé : L’influence Russe qui trouve en Syrie un point d’appui stratégique dans la région ainsi que des contrats énergétiques et militaires. En faisant cavalier seul et en jouant les va-t-en guerre sans travailler sur une sortie de crise avec l’appui Russe, la France a fragilisé sa position, croyant à tord se rapprocher des dictatures du golfe pour des intérêts très éloignés de l’humanitaire. D’ailleurs l’Iran n’a pas été invité à la table des négociations, sous la pression saoudienne. Bâtir une opposition crédible et stable avec l’appui conjoint des sunnites, des russes, permettrait de proposer une issue plus durable sans faire perdre la face aux Baasistes. Cette position, soutenue par quelques diplomates experts, n’est pourtant pas celle qui transparait dans la politique française ou européenne, déjà empêtrées dans ses propres problèmes. En attendant, les innocents meurent par nos armes.

Voir aussi les articles :

There is more than one year , an article described the situation in Syria. Nothing has really changed , unfortunately.

Syria, since the accession to power of Assad, is a state where intelligence and police have a great place. Monitoring information , denunciation, this was commonplace in recent decades and that leaves traces . Control of information and the internet is a major issue in the conflict. We have seen the  » insurgents  » to develop a news agency , something very rare in this type of conflict . It is responsible for broadcasting images as well as the opponent with the right amount of misinformation. The few journalists who managed to enter the country were all back that they could not match the information freely to ensure what insurgents or Government gave them . On one side or the other , the sources are unreliable. But hundreds of thousands of dead are real and the country is now divided between pro-Assad (or rather pro Baas party ) and others. Because Bashar al -Assad remains the guarantor of stability for many Syrians , and he has not much in common with an omnipotent dictator Kim Jong Un as the weight of the Baas members apparatus is too often overlooked and succession Hafez al -Assad has not resulted in a purge as is often the case. We therefore see that , for a country censored by the government, the insurgents arrive well to disseminate their information in the international media via all sites « fashionable  » , whether social networks or sharing sites videos and photos. How does this release then? It should be seen probably the support of Arab information as Al Jazeera ( Qatar ), but also other networks funded by Sunni opposition networks. The insurgents, who did not have weapons of war until a few months, suddenly gone on the offensive against an enemy that was supposed to have aircraft and tanks shelling innocent civilians. On this last point , it was found that there was a bloody crackdown on civilians. But whence comes this sudden influx of weapons far more effective than the Kalashnikov usually patched and some spoils of war deserters ? From reliable sources , Western technical support arrived on the scene while transiting weapons with the Saudi capital. We recently saw the official announcement of a Saudi support to the Lebanese army, against Hezbollah, a pro -Assad and Iranian-backed Shiite terrorist group .

In fact , we must look at the geographical position of the country. Syria is in north of  Lebanon and is an important support for Hezbollah . Often we accuses Syria of destabilizing Turkey , an ally of the United States ( but who increasingly is going away from this influence) , through its support for Kurdish PKK . Butits religious particularity  is the key to this conflict : Sunni-majority state , it is ruled by a Shiite minority. Since the end ( ?! ) Of the Iraqi conflict , we see that Shiites and Sunnis are opposing themselves . It should be seen that the two regional poles are Iran , Shiite , and the duo Qatar / Saudi Arabia, Sunni . Iran’s nuclear negociations and blockade , suppression of the Shiite rebellion in Bahrain or the Libyan conflict , these conflicts show tacit support to Sunni Islam from Western countries, financially supported by the Gulf oil regimes . However , it is difficult to believe that this domination arrange anything in the stability of the area, or even for the freedom of people. It is therefore not surprising to find Libyan mercenaries from Syria rebel factions as well as close to the Al Qaeda galaxy as some televisions and war photographers images showed . From a layman Syrian state, there is every reason to believe that Syria would topple in a Sunni religious state , certainly as dictatorial than its predecessor and especially more anarchic , even more destabilizing the region and likely to win again Lebanon in a new conflict. This is also what is going to divide the provinces Syrian rebels , like Iraq and Libya is more divided than ever . Between rival groups, parts of Al Quaeda and former local leaders wanting more power, civilians don’t know how to simply survive. Do not overlook the Jordan , a country with relative neutrality in the region that already hosts several million refugees, who will politically  weigh .

The way Europe and France are doing in this affair are an extension of the disastrous foreign policy of the Sarkozy era, who followed the Bush administration’s manner . It is time to return to a better politics at the Quai d’Orsay (french foreign ministry). Because a point has been overlooked : The Russian, who is in Syria a strategic foothold in the region as well as energy and military contracts influence. By being alone and playing « going to war » without working on a crisis with Russian support, France (and so Europe) has weakened its position , believing wrongly that being closer to dictatorships Gulfwas good  for interests far from the humanitarian . And this morning, Al Jazeera announced that Iran was not invited in the peace negociation, under saudian pressure. Building a credible and stable opposition with the joint support of the Sunnis , Russian , would provide a more sustainable outcome without losing face the Baas party members . This position, supported by some experts diplomats, however, is not one that prevails in the French and European geopolitics, already mired in its own problems. Meanwhile, innocent people are dying from our weapons and wrong actions. See also articles :  Syria , Gaza: France out of its role Syria : Checkmate

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