Quittons un peu les frasques franco-françaises qui continuent à entretenir notre réputation à l’international pour nous intéresser à ce qui s’annonce être le thème de 2014 : Le recul des libertés.

Pendant que nous nous écharpons sur des futilités, un traité majeur est en préparation entre 2 grandes puissances économiques : Europe et Etats-Unis. Son nom : TTIP. Outre le fait que cela se passe entre technocrates auxquels les états ont donné carte blanche aveuglément, le TTIP ou Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement n’est ni plus ni moins qu’un accord de libre échange comme l’on a connu en amérique du nord avec l’ALENA. Si l’objectif avoué est de stimuler « croissance et emploi », l’exemple même de l’ALENA montre qu’il n’a fait que creuser des différences et favoriser des dérives environnentales et sociales. On peut s’étonner que les documents de négociation soient encore innaccessibles. Propriété intellectuelle, agriculture productiviste, gaz de schiste, OGM….autant de sujets qui risquent de subir un diktat à travers ce traité négocié dans le plus grand secret. Car l’ultra libéralisme affiché n’est pas synonyme de liberté, bien au contraire. Il est donc étonnant de ne voir aucun gouvernement s’en inquiéter et aucun média en parler. (voir l’article du monde diplomatique pour plus d’info)
Mais les accords entre UE et USA sont aussi dans le domaine de l’information et de la sécurité. Avec les dérives de la NSA, nous avons vu que les Etats-unis espionnaient leurs alliées, sachant que cela est réciproque à plus ou moins grande échelle. Mais l’échelle d’espionnage et de stockage des données de la NSA va dans la paranoia totale et on peut alors s’inquiéter de l’utilisation possible de ces mêmes données en de mauvaises mains. Lorsque l’on se rappelle des falsifications de documents ayant entrainé la guerre en Irak qui a depuis fait un million de morts, il y a de quoi s’inquiéter lorsque le président Obama ne remet pas véritablement en cause les actions de la NSA. Il se contente de mesurettes cosmétiques en promettant des évolutions ultérieures. Snowden et Assange et beaucoup d’organisations donnent donc une mauvaise note à cette réforme.
Cet espionnage se double d’autres outils sécuritaires et paranoïaques comme la biométrie qui devient généralisée, jusque dans les écoles. Pour remplacer la bonne vieille carte d’accès au cantine, on passe maintenant par des données biométriques. On imagine derrière ce qui peut être fait des données sur la consommation des enfants dans ces réfectoires, tout comme déjà cela peut être le cas avec les nombreux restaurants d’entreprises sous-traités à de grands groupes comme Sodexho, Ellior, Compass qui avalent peu à peu leurs concurrents.
La neutralité du net, un brin utopique, est plus que jamais menaçée. Nous avons vu sortir une offre SFR donnant de l’illimité en 4G sur Youtube et non sur tous les sites de vidéo en ligne. Aux états-unis, des abonnements ciblés sur des services de réseaux sociaux et médias en ligne existent et l’abonné n’a plus accès qu’à une partie de l’internet, pour des prix bien plus prohibitifs que chez nous. La propriété de l’internet est toujours en question mais le scinder et le dépecer est en cours. Facebook réve déjà d’un monde où l’utilisateur ne verrait internet que par lui. Google aussi. Alors permettre un tel avenir restreindra la liberté d’une manière inimaginable
Ajoutons à cela la liberté de manifester qui est de plus en plus attaquée. Elle l’est pas de nouvelles lois en Ukraine. Elle est même dans les projets du gouvernement Rajoy. En Egypte, on se demande si cela est encore permis avec l’interdiction des « frères musulmans » qui risque de ne pas arranger la cohésion du pays. Les lois contre les homosexuels se succèdent dans de nombreux pays (Inde, Nigéria…) et l’IVG est remis en cause jusqu’en France où des manifestants exprimaient leur volonté de réviser la loi. Paradoxalement, le projet de loi donnant plus de liberté sur l’IVG est restrictive quand à la liberté des opposants (au passage, le site à consulter est là : http://ivg.gouv.fr/). Une sous-traitance privée de la censure qui mérite un questionnement. Il faut être plus que jamais vigilant sur toutes ces libertés que l’on croit acquises mais qui sont menacées sous des prétextes sécuritaires et paranoiaques. La peur est toujours mauvaise conseillère.
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[…] is rooted in much more economic than strategic or democratic justification (remember …TAFTA). Result: Turkey tends to get rid of this; the convulsions which agitate the country there are […]