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France : Quand l’info va se faire voir chez les Grecs


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Au départ j’avais prévu de ne pas parler de la victoire de ΣΥΡΙΖΑ en grèce. Et puis l’exercice de retournement de veste mélé au retour à Bisounoursland m’a fait changer d’avis une première fois…. Avant de me raviser pour un angle un peu différent  : La liberté d’informer.

C’est pourtant bien en parlant de la Grèce que je vais commencer. Car le traitement de l’information a été particulièrement symptomatique. D’abord on ne parlait pas de la Grèce et de sa situation. Puis on a eu l’entreprise de démolition de Syriza et de Tsipras. Face à cette désinformation ou information partielle, beaucoup de blogueurs et médias y sont allés de leur image idyllique de ce parti. Ce serait oublier un peu vite les réalités de la vie politique grecque, de la montée au pouvoir de ce Tsipras, à commencer par la période 2012-2014 qui l’a vue essayer des alliances contre-nature avec une aile du parti Nouvelle Démocratie de Samaras et qui a finalement abouti avec l’accord récent entre Tsipras et Panos Kammenos, dirigeant d’un parti de droite issu de Nouvelle Démocratie mais avec des idées encore plus droitières que ses anciens collègues. Lui confier les clés du ministère de la Défense montre à quel point tout est permis pour Tsipras pour garder le pouvoir, comme lorsqu’il avait passé alliance avec Juncker pendant les élections européennes de 2014 (http://www.euronews.com/2014/05/30/tsipras-backs-juncker-for-the-ec-presidency/) . La démagogie vient bien du grec : Demos le peuple et Ago conduire ou manipuler.

Mais après cette victoire de Tsipras, on a pu observer un changement d’attitude dans les médias. Il a bien fallu montrer ce qui se passait, faute de trouver mieux à « vendre ».  Et nous voilà dans un exercice de retournement de vestes, ou presque. (http://television.telerama.fr/television/francois-lenglet-atteint-par-le-virus-syriza,122219.php). Après nous avoir inquiété devant la montée d’une extrème gauche dévastatrice, un retour du communisme, une sortie de l’Euro et autre scénario catastrophe, les voilà qui se déplacent enfin sur place et montrent une autre réalité. Les voilà qui montrent un brin d’empathie pour les pauvres grecs, non plus coupables mais victimes. Les voilà qui n’utilisent plus le terme d’extrème gauche mais d’Ultra gauche. Pour mémoire, ce fut le terme utilisé lors de l’arrestation abusive des présumés terroristes de Tarnac. Les mots n’ont plus de sens !

Mais ne rêvons pas ! On ne parle plus d’audit de la dette grec et de sa réalité, de son origine, du rôle des banques, de Goldman Sachs. On ne parlera surtout pas de l’exemple Islandais. Il serait dangereux d’informer correctement les citoyens sur les politiques alternatives dans cette crise. Et la classe politique est complice de tout cela dans son ensemble. Oui, le Front de gauche aussi qui appelle à une suppression pure et simple de la dette. C’est à la fois irréaliste et dangereux car dans ce cas, tout le monde pourrait réclamer la suppression… L’erreur est justement d’utiliser une formule simpliste alors que la réalité du discours est parfois plus complexe. Parler de renégocier la dette sans unanimité des états (dont évidemment les intérêts divergent) ne permet pas d’installer un rapport de force efficace face au monde bancaire.  Le réalisme c’est d’aller creuser dans les sources de la crise, de trouver les coupables et non les victimes. Le danger des conséquences fait faire machine arrière, l’Islande restant un pays d’une taille infime donc sans conséquences, justement.

De tout cela on ne parla pas très longtemps, l’actualité vendeuse prenant très vite le pas sur tout. Alors on nous a balancé cette jolie petite histoire d’un enfant de 8 ans (http://mobile.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/01/29/apologie-du-terrorisme-pourquoi-un-enfant-de-8-ans-a-t-il-ete-entendu-par-la-police_4566129_4355770.html) qui aurait été en garde à vue pour apologie du terrorisme….repris partout sans preuve de l’existence de cette affaire d’abord, puis ensuite sans avoir la vérification de toutes les allégations de chaque partie et au mépris du bon sens concernant cet enfant dont la scolarité est mise gravement en péril. Ce qui me fera dire sur twitter, par provocation, que le professeur de cet enfant sera sûrement promu, dans l’atmosphère actuelle (La ministre n’a-t-elle pas dit ensuite que son administration avait fait ce qu’il fallait). C’est bien une atmosphère de paranoïa et de folie qui prend le dessus surtout, montrant que sur ce point, les assassins ont réussi leur coup après l’illusion du « Je Suis Charlie ». Pendant ce temps, la loi Macron (http://gauchedecombat.net/2015/01/30/monseigneur-macron-est-bien-trop-bon-il-vient-de-retablir-le-droit-a-linformation/) passe gentiment avec des aménagements bien pratiques : Exemple le secret des entreprises qu’il faudrait protéger et empêchera maintenant d’être un peu trop curieux sur les malversations de nos industriels. Avec ces nouvelles dispositions, il n’y aurait jamais eu d’affaire Elf, Luxleaks, Bygmalion par exemple. Seuls quelques magistrats et journalistes (http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/280115/secret-des-affaires-informer-n-est-pas-un-delit) encore soucieux de leur métier montent au créneau. Comptez les et achetez leurs publications, elles risquent d’être les seuls à informer correctement dorénavant. Bon, le projet a été finalement abandonné…pour le moment.

Peut-il en être autrement avec une presse qui appartient à des grands groupes et des personnages influents ? Peut-il en être autrement avec une presse sous perfusion politique et publicitaire ? Oui, il peut en être autrement en consommant autrement l’information et le Framablog en a fait un excellent article (http://framablog.org/2015/01/16/la-liberte-dexpression-depend-de-nous/) avec 5 petites règles simples.

  1. S’imposer tous les jours de lire au moins une source nouvelle.
  2. Pousser sur les réseaux sociaux des articles issus des voix indépendantes, par rapport à celle des grands médias.
  3. Ne plus suivre les grands médias qu’avec parcimonie.
  4. Ne pas se focaliser sur la voix de la nation et de ses alliés.
  5. Devenir une voix, participer à la « biodiversité. »

La cinquième peut être comprise de manière diverse mais montre aussi qu’en temps que citoyens, nous avons un rôle à jouer même infime. Ainsi, inquiétez vous des autres actualités lorsque l’on ne vous parle plus que d’un sujet, par exemple en regardant simplement ce qui est débattu à l’assemblée nationale. Dans les conflits, comme par exemple en Ukraine, la vérité n’est ni dans nos médias, ni dans les médias russes mais entre les deux. Mais attention aussi aux sites d’information alternatifs qui peuvent aussi se révéler des sites conspirationnistes les plus délirants et aux idéologies nauséabondes.

Aussi, lorsque la ministre de l’éducation nationale parle d’éducation aux médias, je dis bravo. Mais aussitôt je me demande comment on va former les enseignants. Sachant la manière dont l’éducation nationale est tombée dans le piège des solutions propriétaires des grands groupes informatiques, il y a tout lieu de s’inquiéter de ce nouveau sujet. Et ce qui vaut pour l’information vaut aussi pour la culture. Mais ça on en reparlera.

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