France : La Politique de l’œuf ou la Poule


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L’autre jour, j’avais une discussion avec mon rédac-chef sur la ligne éditoriale que l’on devrait suivre. Entre faire des articles racoleurs ou allant dans le sens du grand public et faire des articles élitistes ou sur des sujets inconnus, il y a une voie. Reste à la trouver… Et en Politique, c’est un peu pareil.

Entre faire ce qui nous plait d’abord ou faire ce qui va plaire, la lutte est sans fin. L’expérience m’a montré que ce qui me plaît ou ce qui m’a demandé le plus d’investissement personnel n’est pas forcément ce qui va rencontrer le plus de succès.Il est rare de faire se rencontrer ces deux affinités, que cela soit dans une activité artistique ou même dans une activité plus commerciale, voir dans l’écriture ou l’information. Je vois cela comme l’œuf ou la poule. On ne peut jamais privilégier l’un ou l’autre, savoir ce qu’il faut mettre en premier. Car notre perception des goûts du public est déjà filtrée par nos propres goûts. Les études marketing apportent peut être des solutions à cela mais elles sont trompeuses car elles enferment la création dans la routine et la « tradition ». Posez la question à votre entourage sur ce dont ils rêvent et vous vous apercevrez que c’est souvent quelque chose de très réaliste. Mais donner quelquechose dont Nous avons envie, est aussi dangereux. Cela fonctionne si l’on a aussi les armes pour convaincre, avec de la patience. Mais d’autres restent des échecs, des vérités arrivées trop tôt.

En politique, c’est aussi la même tentation. A l’extrême, on parle de populisme ou de démagogie, ce qui consisterait à donner à outrance ce qui va séduire le plus. La dernière présidentielle 2012 en fut l’illustration, à l’image de la précédente, la victoire se jouant finalement sur la définition de la cible marketing. Sarkozy s’est planté en 2012 alors qu’il a eu tout bon en 2007… Hollande a enrobé cela dans un packaging de présidence normal mais pourtant ce furent les mêmes recettes que son adversaire. Après la séduction vient la réalité. Et si pour une œuvre, un produit, on peut rapidement voir cela, pour la politique, c’est différent. Ainsi voit-on la différence entre différents partis. Il y a ceux qui promettent un retour en arrière, qui trouvent des bouc-émissaires à tous les problèmes. Il y a ceux qui veulent faire croire qu’il faut réformer, sans réformer ensuite mais en revenant réellement en arrière. Il y a ceux qui font appel aux bons sentiments, à la solidarité, et qui déchantent quand ils constatent qu’ils n’existent pas chez tout le monde. Il y a ceux qui disent ce qu’on attend et fond l’inverse. Et puis il y a ceux qui disent ce qu’ils vont faire mais que personne n’écoute, ou presque. Il y a ceux qui disent la réalité des choses, mais qui nous effraient. Dans de rares cas, ils sont passés dans des municipalités, grâce à une alliance de circonstance avec donc là aussi des promesses un peu plus rêveuses.

Finalement, rêver nous fait bien plaisir, trop… Mais trouver le juste équilibre entre rêve et réalité n’est pas évident. Il y a ceux qui ne dorment pas, ceux qui dorment trop, ceux pour qui la nuit est faite de cauchemars et ceux pour qui c’est la journée qui en est un. Et ce n’est alors plus le choix entre l’oeuf et la poule qui est proposé, mais plutôt entre la peste et le choléra.

 

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