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Epilogue de blog : Pourquoi tout ça, finalement?


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Cela fait de nombreuses fois que je me pose la question du pourquoi bloguer et écrire sur des réseaux sociaux. Certains de mes « collègues » ont laissé tomber, baissé pavillon, d’autres font des dépressions. Mais au fond, qui répond à cette question ?

Dans une première version de cet article, je revenais sur la génèse de ce blog en 2002, sur son évolution, sur tout ce que j’ai pu faire et en faire….Ennuyeux non ? Mais surtout ça n’apporte pas forcément de réponse. Ma réponse au pourquoi écrire un blog tenait à des défis personnels (dont certains ont été réalisés : réalisation d’un album musical, d’un roman, d’un blog photo, …)  autant qu’une réponse à ceux qui s’expriment à notre place, en politique ou en médias, soit quelque part la notion de liberté d’expression.

Ma réponse au pourquoi des réseaux sociaux est plus complexe. Il y a tout d’abord un mélange de curiosité et d’effet de mode. Le phénomène Facebook m’a intéressé au début de ce site et je suis tombé dans le piège. Il y a à la fois un coté égocentrique qui consiste à intéresser « ses amis », les collectionner, et un coté voyeuriste qui consiste à aller voir ce que font les personnes que l’on connaît. Ce coté malsain m’est finalement assez vite apparu, d’autant que l’évolution du produit a facilité sa compréhension avec l’infâme mode journal, les publicités, l’omniprésence des marques, bref bien loin de l’idée de base du Yearbook étudiant. Reste ensuite l’outil, intéressant uniquement par le monde qui le fréquente, notamment les artistes et leurs fans… fanatisme, facebook ?!

Pour Twitter, c’est aussi la curiosité qui m’y a amené et il m’a fallu un peu de temps pour en faire quelque chose. Car twitter est à la fois un témoin de la société, un outil qui permet de suivre l’actualité  et un réseau social permettant de mettre en relation des personnes ne se connaissant pas. Mais tout cela est faussé, déformé, magnifié par différents prismes. Et comme Facebook, le twitter d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. On cherche le bon mot, la phrase choc, plutôt qu’une réaction plus posée et argumentable (car argumenter en 140 caractères…? ) L’intérêt en est plus limité pour voir les tendances, modifiées par la puissance des outils marketing. Beaucoup de buzz sont montés artificiellement et les robots y sont légion.

Mais surtout, c’est l’illusion du partage et de la discussion. Et là on se retrouve à blogger pour une raison similaire aux réseaux sociaux qui tient à un équilibre entre son égo et une envie de donner et de partager. La balance pèsera d’un coté ou de l’autre selon le sujet concerné. Entre un blog cuisine ou mode et un blog sur la géopolitique des balkans, il n’y a pas grand chose de commun. Et pourtant il y a dans tous les cas un désir d’être, de paraître et de donner. L’équilibre est difficile à trouver mais surtout recelle une sorte de drogue, un danger.

Ainsi, une agression de quelqu’un fait réagir notre égo. Un like, un retweet nous conforte dans ce besoin d’en rajouter. Mais quand à l’inverse on constate que tout cela est vide, que personne ne lit vraiment (l’analyse des statistiques twitter, google analytics et facebook est édifiante), regarde le superflu, l’éphémère, le drôle plutôt que le profond, il est dur de revenir à la réalité. Le grand public préfère croire les médias incultes  que les « sachants » …. Fort heureusement, ne pensant pas que ma petite vie peut intéresser grand monde, à la différence d’autres blogueurs, même politique, je peux me passer de tout cela, me …sevrer.  A regarder les 1500 articles présents ici, seule une petite dizaine pourrait encore avoir un intérêt aujourd’hui. A la différence d’un artiste, d’un écrivain qui sait qu’il y aura une captation de ce qu’il a créé par celui qui VA écouter, lire ou regarder, ici, il n’y a rien, à moins d’être sur une polémique ou un buzz du moment. Tout est survolé, esquissé, effleuré, juste liké. Même dans les blogs influents, les discussions restent en surface, chacun parlant sans écouter l’autre, la polémique l’emportant sur la réflexion de fond. Ce n’est pas pour rien si les forums ne sont que l’ombre d’eux même.

Alors vient l’heure de la remise en cause de soi :

  • Twitter ne servant à rien, en dehors de quelques contacts avec des groupes musicaux, je ne conserve donc que le compte @histozic, pour l’instant…
  • Facebook est un leurre, un microcosme qui enferme les gens fait croire que l’on diffuse mais à du vide. Là encore, il ne restera qu’une page musicale…quoique ?
  • Ce blog est devenu d’un autre temps. Il reste en ligne pour quelques articles, le reste étant rangé sur son adresse originelle : iceblog.free.fr
  • Je reste très amer sur les divisions dans la protection animale et le végétarisme. http://joyeuxvg.free.fr reste en ligne même si tout le monde est assez con pour travailler dans son coin et oublier ce qui existe déjà et ce que j’offrirai volontiers clé en main.
  • Reste encore http://histozic.fr, parce que je n’y suis pas tout seul, parce que j’ai de bons retours dans le milieu, malgré une audience relativement faible…Et parce que surtout c’est un hommage à des créateurs.
  • Quant à  http://www.framasphere.org, cela reste un ilot de partage et de discussion encore préservé par quelques hurluberlus.
  • Peut-être suis-je arrivé à l’age du « vieux con » ? Et alors, dans une décennie, le sujet de cet article sera oublié, comme tant d’autres modes avant. J’en ai laissé par là.

La liberté d’expression existe par tant d’autres moyens que les blogs et les réseaux sociaux. Et comme on nous la retire d’une certaine manière, par le biais d’une peur irrationnelle, autant trouver d’autres moyens d’expression. Bref, on se recentre sur l’essentiel, sur ce dont on parle moins, même si ça touche moins de monde….

 

12 réflexions sur “Epilogue de blog : Pourquoi tout ça, finalement?

  1. dis pas ça, fais pas ça.. regarde, la came par ex. je m’en suis sorti (doigts dans le nez, enfin presque..) disons que pour moi (j’ai pas dit « moi ma gueule » hein..) le partage n’est pas une illusion

    des Robinson Crusoé (tu sais, on en croise plein, en bagnole etc.) des ‘qui vivent tout seul’ même pas je les insulte.. plus une désespérance (un oubli ?) qu’une vocation.. Cheers

    1. I think your passion is more on music, now, than in photography or writing. And you’re right not to mix everything in the blog.
      Now Icezine is kept with a small part of everything I wrote during these years. I saved some other things in my private site and pictures and music are in flickr and soundcloud.
      And maybe one day, writing will come back to my mind. I’m not very optimistic for the world and Europe. Music is my shelter today, as poetry could be…

  2. Franchement, je crois que tu as tort. Tu es plus utile que tu imagines. Essaie de me joindre par mail. (Blog ou perso)…

    1. Voilà, le tri est fait et ne reste que ce qui est important, finalement…140 articles sur 1850, dont beaucoup sur la période 2010, 2011. Hasard ?

  3. Partir …
    Revenir …
    Repartir …
    Pourquoi pas ?
    Mais tout effacer, je ne comprends pas (à moins que çate coûte du pognon).

    Porte toi bien.
    Paz y salud !

    Zgur_ (qui continue, à son rythme ;0)

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