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France : DSK, le loup qui voulait se faire agneau


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Il ne vous aura pas échappé que Dominique Strauss-Kahn donne à nouveau de la voix dans la crise grecque. L’occasion est trop belle de se refaire une virginité (!) politique.

Dans sa première tribune, intitulée « Apprendre de ses erreurs », l’ancien patron du FMI (2007 à 2011), et ex-patron en faillite d’un fond de spéculation, donnait du Mea-Culpa et quelques conseils d’un expert qu’il est présumé être. Depuis il plaide pour une réduction de la dette grecque et un assouplissement de la position allemande, qualifiant le dernier accord de Diktat. Il a déjà tenté de réécrire l’histoire de la crise mondiale de 2008, comme s’il avait prévenu les autorités américaines du risque latent.

Pourtant, en tant que patron du FMI, négociateur dès 2009, il a concourru à mettre en place des plans qui se sont succédés sans effets, sinon de renflouer des banques plutôt qu’un pays, d’augmenter beaucoup plus la pauvreté de la Grèce et de l’empécher de se redresser. Ces erreurs, payées cash par les grecs (mais aussi les Portugais, la crise n’étant pas finie malgré ce qu’on en dit), il n’a jamais été question de les évaluer pour baisser la dette grèque, d’aller récupérer l’argent qui a servi à des spéculation bancaires. Dans ses différentes tribunes, DSK se garde bien de se facher avec ses amis financiers, de rappeler que le fonctionnement de l’état grec n’est pas si loin de l’équilibre, si on en extrait l’aide apporté aux banques après la crise, sans même parler des taux exorbitants de prêts mis en place avec Goldman Sachs .

S’il se positionne face à l’Allemagne dans son discours, c’est bien par vue politicienne, à la fois pour apparaître  à nouveau comme un expert, comme un messie pour la gauche et comme un rempart contre une hégémonie allemande (réelle ou pas?) que ni Sarkozy ni Hollande n’ont réussi à juguler. Vis à vis des médias et du grand public, c’est bien une belle opération de communication pour tirer un trait sur son passé privé mais aussi professionnel.

Pourtant, professionnellement, il faudrait donc se souvenir : Un type qui investit ses deniers dans un fond de spéculation avec un associé douteux et qui finalement perd beaucoup d’argent dans cette opération : Un peu comme confier les rênes d’un pays à un parti en faillite qui a trouvé bon de changer de nom. DSK ne pouvant pas changer de nom, il faut refaire la façade. Il fut aussi le négociateur des prêts grecs de 110 et 80 milliards dont les intérêts restent secrets et les bénéficiaires, les banques. Il fut l’artisan de la  création d’un fond de stabilisation de 750 Milliards, basé ….au Luxembourg et dont l’oppacité du fonctionnement va de pair avec son siège. Les dettes, propriétés des banques privées, deviennent dès lors propriété d’autres états et cela à grand frais, puisque ceux-ci empruntent eux-même à des banques privées. Dans ce mécanisme, une chose est sûre, si les grecs sont perdants, les banques sont gagnantes.

Aussi, pour quelqu’un d’aussi avisé et qui semble, en coulisse, critique avec le système financier, on se demande ce qu’il a apporté durant son exercice au FMI ou même comme conseiller depuis 2011. Surtout ce qu’il a apporté en dehors de bénéfices à des investisseurs, en politique économique. Dans ses nouvelles propositions, il n’y a pas de pas faits vers une sortie de ce système de renflouement indirect des pays via des spéculateurs. Il dit juste « sans discuter en détail des propositions… », ce qui peut à la fois montrer une volonté de participer au débat tout comme une incapacité à proposer un autre modèle ne serait-ce qu’en des termes simples. Il parle justement de « Vision à inventer d’urgence ». S’il était justement dans sa position de messie de la gauche, c’est bien un embryon de proposition que l’on attend. Il critique la France et la « paresse  » le souverainisme larvé des élites économiques et intellectuelles » et parle avec clairvoyance d’une Europe qui se vassalise aux USA. Mais là encore, l’hopital se fiche de la charité, lui même faisant partie de cette élite paresseuse. D’autres économistes font des propositions audacieuses sans qu’il n’ose s’y rallier.

Et s’il parle de vassalité aux USA, il oublie aussi la vassalité à d’autres pôles d’investissement qui déjà s’emparent de moyens de négociations financières. Il oublie la construction possible d’un puissant pôle russo-chinois du point de vue monétaire et qui pourrait autant équilibrer la situation des échanges financiers que la déstabiliser en créant des conflits. Ces tribunes ne sont ni plus ni moins que des coups de communication creux et politiques destinés à faire passer Dominique Strauss-Kahn pour ce qu’il n’est pas et n’a jamais été : Un économiste visionnaire ou un leader politique.

La mémoire des électeurs est si courte, à lire les commentaires sur réseaux sociaux et journaux, que cette opération semble fructueuse. C’est donc bien à chacun d’aller relire un peu d’histoire de cette crise, des ses ramifications et de ses acteurs. Et si vous avez la flemme de lire, un film  documentaire à voir : Inside Job

2 réflexions sur “France : DSK, le loup qui voulait se faire agneau

  1. est-ce une burne en comptabilité ? économie etc.
    – ne Pas me poser la question ! ..ch’uis bille & buse, bref,
    pourquoi tant de gens (de-gauche/j’en connais !) lui donne crédit..

    j’insiste: est-ce que le-pognon, chez nous (blanc, catho gnâgnâ..)
    est-il sacré ou #profane ?
    en tous cas il est sale ! beurk..
    mais (!) tout le monde le-en… .. /complétez la phrase

    ps, mon cul ? ma « moralité ».. pareil que vous: ne vous regarde pas

    1. Comme hollande, c’est un excellent analyste, particulièrement doué dans la technique de la finance et sa connaissance des rouages. Mais tout comme les bons musiciens ne font pas tous de grands artistes, il n’est pas un grand économiste théoricien.

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