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France ou Europe : Quelles armes contre les haines ?


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C’est en ces temps de crise qu’il faut prendre garde face aux récupérations de toute part. Si arme il y a, elle est pour beaucoup la parole et la plume, d’autres n’étant pas de notre ressort citoyen.

Ces paroles, elles concernent quelques contre vérités à combattre :

Les attentats ne sont pas liés à l’immigration. Les terroristes étaient des personnes nées en France/Belgique comme la plupart de ceux qui partent. L’EI tente de faire croire qu’il infiltre les réfugiés afin que l’Europe les refusent ou se divise à leur sujet. En réalité, il s’agit de quelques individus prenant de faux passeports (1000 à 2000 euros dans les pays frontaliers) parmi des centaines de milliers.

L’Europe n’est pas responsable de tout. Si les accords de Schengen ont supprimé des frontières entre états membres, la coopération policière entre état n’a pas suivi. L’Europe n’a effectivement pas eu de priorité sur ce sujet, à l’image de sa diplomatie ou de son armée. Ce(s) sujet(s) épineux a toujours été rejeté par les états influents qui justement veulent garder de leur souveraineté. Frontex, l’organisme qui tente de juguler les migrations,  est une des exceptions (et Europol dans des cas particuliers) et son action est plus que sujette à caution, pour son analyse de risque comme pour sa politique humanitaire. Les moyens de cet organisme dépendent directement de la bonne volonté des états membres.

Les frontières entre états membres n’auraient pas tout réglé. On a vu des terroristes se faire contrôler par des douanes sans que cela ne les arrête. Il aurait fallu trouver quelque chose de répréhensible, que les individus soient sur des listes partagées par l’ensemble des services de tous les pays d’Europe et déjà à l’intérieur d’un pays comme la France. On a déjà vu les failles pour les cas de pédophilie, dans le partage de données, en France. Et surtout il subsiste des douanes volantes, mais aussi des priorités budgétaires à donner. Sur quoi ponctionnerait-on ces frais supplémentaires ?

L’islam n’est pas pratiqué que par les arabes, même dans sa branche sunnite. Indonésiens, Malaisiens, Indiens, Turcs, Perses et beaucoup d’Ethnies sub-sahariennes pratiquent également cette religion. Montrer du doigt la population Arabe n’a donc pas plus de sens que montrer les pratiquants musulmans, d’autant qu’un fort pourcentage de terroristes étaient des « convertis » , si tant est que l’on puisse les considérer comme des musulmans.

Le monde musulman n’est pas complètement en danger de contamination. On voit circuler des cartes alarmistes montrant que des groupuscules terroristes ont frappé partout dans le monde dans les 20 dernières années. Pourtant cela concerne de petites zones par rapport à l’ensemble et dans le but de déstabiliser des régimes par appât d’un pouvoir ou d’un gain (voir prochain article sur le sujet). Indonésie, Malaisie, Inde, Chine, Bangladesh, pour ne citer qu’eux ne sont pas plus en danger par ces conflits que par la montée des nationalismes ici ou ailleurs, ce qui devrait aussi nous inquiéter pour l’équilibre mondial.

La religion musulmane n’est pas une religion de haine. Comme les autres religions monothéistes, elle contient des textes guerriers qui doivent être contextualisés pour être compris, mais aussi des phrases communes à toutes comme « tu ne tueras point… ». On trouvera des textes belliqueux chez d’autres religions qui expliquent inquisition, croisades, massacres à travers l’histoire, même récente (voir par exemple la minorité rohingya en Birmanie). Cela dit, la structure de l’apprentissage théologique de la religion musulmane ainsi que certains de ses courants, pose des questions, comme toute religion (voir aussi les courants rigoristes et xenophobes s’appuyant sur les religions chrétiennes, orthodoxes ou juives en ce moment). Des questions qui n’ont pas que des réponses étatiques.

Les musulmans n’ont pas à dire « nous ne voulons pas de ces gens » ou alors pour chaque crime perpétré sous le masque fallacieux d’une religion, tous les croyants passeraient leur temps à s’exprimer et s’excuser … de même que chaque peuple pour les actions perpétrées par un de ses ressortissants.

Interdire les religions n’est pas une solution. L’histoire a montré qu’interdire la pratique religieuse ne les a pas fait disparaître. Un exemple récent est la Chine qui a d’abord voulu interdire puis réguler les religions à l’image d’autres activités. Le gouvernement chinois n’a pourtant pas fait taire par la force les contestations pacifiques ou armées, au sein de communautés religieuses ou ethniques. Rappelons au passage que le nazisme n’était pas une religion, pas plus que le stalinisme.

Les terroristes ne touchent pas plus d’aides sociales pour se financer que d’autres. Si certains candidats au terrorisme touchaient des aides sociales avant leur départ en syrie, et ont continué à en toucher pendant quelques mois faute de contrôle, ils sont très largement minoritaires. Les canaux de financement sont bien plus importants par le pétrole, la drogue ou les régimes monarchiques du golfe, soit indirectement …. les états occidentaux qui les font vivre. La fraude aux cotisations sociales et aux impôts reste aussi plus importante que la fraude aux aides sociales. (environ 300 millions (0,20% de ce qui est versé en aide sociale) face à 40 à 60 milliards selon Alternative Economique , La Tribune, …)

Il n’existe pas un pays de cocagne nommé Apatrie où l’on peut rejeter toutes les personnes dont on ne veut plus. Déchoir de la nationalité est peut-être un symbole pour certains pour qu’on ne dise plus qu’un Français était terroriste, mais dans les faits, cela n’a aucun effet dissuasif. De plus, déchoir de ses droits de citoyen n’a pas d’intérêt pour une personne qui ne souhaite déjà pas les utiliser. Pour un français sans double nationalité, il n’y a pas possibilité dans le droit européen et international (convention de New York de 1975) de le rendre apatride. De même, on ne peut imposer à un pays d’accepter des individus que l’on voudrait expulser. Il existe pourtant des millions d’apatrides dans le monde, notamment pour des critères ethniques.

Restent aussi les arguments qu’il faudrait savoir répondre contre ceux qui prêchent la haine et enrôlent. La parole ne suffit pas quand des actes sont attendus :

  • Que répondre à ceux qui ne se sentent pas français au même titre que les autres  à cause de leur faciès, de leur nom, de leur quartier ou ville d’origine ?
  • Que répondre à ceux qui ne se reconnaissent plus dans les actions politiques et géopolitiques de leur pays ?
  • Que répondre à ceux qui ne se reconnaissent plus dans les valeurs d’une société individualiste et mercantile ?
  • Que répondre à ceux qui ne voient pas d’avenir professionnel motivant, qui ne voient que chômage ou criminalité ?

Alors que les manipulateurs et recruteurs trouvent des arguments, lancent des fausses idées de complots de tous bords,  ces 4 simples questions ne font pas partie des réponses données par François Hollande ou Manuel Valls. Les accents de leurs discours sont « mot pour mot » ceux d’un certain George Bush après le 11 septembre 2001, et la réaction des élus est aussi similaire, à l’exception de 7 députés. Le mot « guerre », notamment, a justifié bien des excès et accentué encore plus la déstabilisation de ce monde.  Au mieux, c’est le terme guérilla qui convient pour décrire les « combats d’unités mobiles et flexibles pratiquant une guerre de harcèlement, d’embuscades, de coups de main menée par des unités régulières ou des troupes de partisans, sans ligne de front. »

Il convient donc de lutter sur deux fronts en bâtissant pas à pas les arguments nécessaires contre ces manipulateurs qui, finalement, utilisent des armes très proches, idéologiquement.

A suivre…. les racines du mal.

5 réflexions sur “France ou Europe : Quelles armes contre les haines ?

  1. Je suis d’accord sur tous les points que tu soulèves mais il apparaîtrait que des islamistes terroristes auraient « infiltré » les réfugiés pour passer…

    Par contre, le gouvernement a su se saisir de cette horreur pour « imposer » un état d’urgence qui, à mon sens; ne sert à rien (pourquoi cela n’a-t-il pas été fait en janvier ?) Et puis l’interdiction de manifester jusqu’au 30 novembre… le trait est un peu gros! Une semaine après c’est le 1er tour des Régionales et déjà 2 lois Macron sont passées « tranquilou ».

    De plus 24h après cet horrible attentat on arrive « à loger » les terroristes ? Pourquoi depuis janvier il n’y a pas eu tout ce déploiement ?

    1. En effet ils auraient infiltré… Ils nous mettent au défi de refuser de vrais réfugiés parce qu’une poignée n’en est pas. A l’Europe d’être solidaire aussi dans ses moyens d’investigation et ses points d’entrée.

      Je n’ai pas compris ton « loger les terroristes  » mais j’étais déjà focalisé sur la géopolitique de l’affaire et de sombres histoires pétrolières sous jacentes

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