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France : Langue et Indépendance


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La prise de pouvoir des indépendantistes corses au conseil régional de Corse a fait scandale. Avec un discours en corse pour l’investiture du président de région, les nationalistes corses ont provoqué de nombreuses réactions politiques. Mais est-ce la langue qui importe vraiment ?

Pendant très longtemps, l’unité de la France s’est faite autour de sa langue, le Français. Pendant que nos voisins suisses ou belges parvenaient à faire cohabiter plusieurs langues, nous nous sommes évertués à faire disparaître les langues et patois de notre pays. Des lois en interdisait la pratique et l’enseignement. Récemment encore, on conseillait aux parents d’origine étrangère de ne pas enseigner leur langue maternelle à leurs enfants nés en France. Ce n’est qu’à partir des années 80-90 qu’un mouvement inverse a commencé, autorisant l’enseignement de langues comme le breton, le corse, l’alsacien, le basque…

Avec ou sans langue, les autonomistes de tout bords n’ont cessé de s’exprimer, par la voix et les armes. C’est surtout dans le pays Basque et en Corse que l’action s’est faite violente durant ces dernières décénies. Ailleurs en Europe, des luttes pour l’indépendance, voire l’autonomie, continuent de se faire. On parle beaucoup des catalans en Espagne, ces temps-ci, mais aussi les basques de l’autre coté de la frontière. On parle moins maintenant des indépendances des entités yougoslaves, ou avec la Macédoine, de la séparation pacifique de la république tchèque et de la république slovaque. Et en France, on a oublié le combat des kanaks néo-calédoniens qui se termina dans le sang dans la grotte d‘Ouvéa. L’autodétermination a depuis été repoussée…en 2018 au maximum.

Les indépendances de territoires sont souvent des plaies dans notre histoire, ou de fausses indépendance (voir le problème de la Françafrique). La guerre d’Algérie est un exemple frappant, avec tortures, massacres, attentats de la part de l’état comme des indépendantistes. A l’origine même de la république française, après la révolution, des mouvements autonomistes éclatèrent. Certains étaient plus basés sur une opposition à la république que sur une indépendance pure (Les Chouans en Bretagne avec des dizaines  de milliers de morts). D’autres, à Saint-Domingue par exemple avec Toussaint Louverture, se firent dans un contexte de guerre avec l’Angleterre, et furent réprimées dans le sang….et l’or (dette d’indépendance payée à la France pendant près d’un siècle). Les deux furent réprimés par un …. corse. Voilà sans doute ce qui explique les déclarations des personnalités politiques parlant d’insulte à l’histoire, oubliant la notion de « droit des peuples à disposer d’eux même ».

Ce principe flou, apparu au début du 20ème siècle et inscrit dans la charte des Nations Unies de 1945, est en réalité peu appliqué. Le processus de décolonisation d’après la seconde guerre mondiale en est un exemple. Certaines indépendances ont été imposées (Kosovo) par des pays tiers, d’autres ont été refusées (Pays Basque), et d’autres continuent d’alimenter des critiques (Kurdistan), oubliant le rôle historique de l’occident dans le dessin des frontières. En France, si la Corse bénéficie de statuts particuliers, ne serait-ce que pour son insularité, elle n’a pas obtenu le même droit à l’autodétermination que la Nouvelle-Calédonie. La situation de l’ile est complexe entre conflits pseudo-mafieux, exploitation abusives du littoral par l’immobilier, et petits arrangements politico-financiers. Ainsi le résultat des régionales n’a-t-il rien à voir avec le reste du territoire : Les Républicains ne sont que 3ème, et le Front National 4ème, derrière deux listes indépendantistes/autonomistes. De fait, c’est bien un processus considéré comme démocratique qui a porté ces listes au pouvoir de cette région. Il est donc légitime que ces groupes politiques aient des revendications, qui plus est inscrites dans leur programme.

Cette légitimité refusée l’est à l’aune des crimes commis par des indépendantistes dont la nouvelle assemblée corse réclame l’amnistie. Entre règlements de compte entre groupes mafieux, sur fond de rackets et assassinats de figures de l’état, il y a effectivement un inventaire à faire. C’est aussi oublier que les indépendances passées se sont aussi gagnées avec des actions contre l’état en place, parfois même avec la complicité d’autres états influents. Cette opposition quasi unanime ressemble plus à une jalousie infantile qu’à un respect des valeurs républicaines. Il conviendrait de réunir les composantes élues à une table des négociations et de voir enfin de quelle manière établir un calendrier pour sortir d’un bourbier politique trop longtemps entretenu. Au moins fera-t-on le tri dans cet imbroglio médiatique qui parle peu du fond, plus de la forme. Nul doute que si Gilles Simeoni et Jean Guy Talamoni n’avaient pas agi de la sorte, nous ne parlerions pas de ce problème aujourd’hui. Un refus de ce processus reviendrait à ne plus reconnaître le vote et l’outil démocratique et à légitimer l’action armée.

 

15 réflexions sur “France : Langue et Indépendance

  1. Moi je suis pour l’indépendance de la Corse.
    A 100 %, donc y compris économique.
    Et on arrête de subventionner la SNCM et son quota de marins corses.

    Et au bout de 6 mois, Talamoni et comparses vont moins rigolu.

    1. c’est vrai, et sans être du tout un spécialiste du maritime, du transport etc., un crève cœur de voir filer le port de Marseille à vau l’eau.. je fais/version courte; et loin de qql agacement,
      ..pour certains alors du syndicat maffia politico copain machin, qu’importe (?!) il y a forcément.. plutôt dire: de toute évidence, des causes (à chier ?) pour des effets (de merde !)

  2. Les Canaries sont indépendantes de leur gestion économique et pourtant perçoivent des subsides de l’Espagne. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour la Corse ? Quand les pieds-noirs sont arrivés en Corse l’Etat les a aidés à s’installer (comme partout dans le PACA) au détriment des insulaires. Il est normal que les corses se soient révoltés.

    Curieux que sitôt que l’on parle indépendance ce sont les corses, les basques qui sont en 1ère ligne. Mais les bretons également revendiquent leur indépendance et bien d’autres régions, ne serait-ce que pour la langue

    1. reste effectivement à définir ce que l’on entend par « indépendance », entre la gestion économique.
      On a vu ressurgir lors de l’épisode des « bonnets rouges », ce « nationalisme » breton et même ensuite dans d’autres régions. A force de diviser pour mieux régner, on voit les limites d’un sentiment national qui n’est d’ailleurs pas présent dans la réalité chez les electeurs du FN.

      1. Oui, enfin « les bonnets rouges » étaient surtout « bleu marine » ce qui est assez curieux puisque la Bretagne reste à gauche

    2. Heu faut remettre les points sur les zi🙂
      Vu la façon dont Talamoni et les autres mafieux de Corse réclament l’indépendance, je doute que les Canaries soient un modèle.
      Quand un « arabe » arrive en corse, tu veux savoir comment ça fini ?
      Idem pour les non corses en général. Toujours des révoltés en 2015 quand les actes xénophobes sont légions ?
      Curieux que tu parles des bretons (les bonnets rouges ? lol les indépendantistes comme ceux de corses font des scores minables) et autres alors qu’ici on parle de Corse, une région FRANÇAISE où des élus mafieux ont prêtés serment sur une « bible » corse sans que l’Etat y redise quelque chose.

      Cherbourg indépendant !

      1. J’ai bien un contreexemple dans le sud corse où un ancien collègue martiniquais s’est installé…Cela dit, on ferait bien de regarder la proximité idéologique entre milieux nationalistes et extrème droite, parfois, sans à priori ou caricature

        pour la « bible » corse, tu juges la forme. C’est plus sur le fond (contenu du livre, et revendications réelles) qu’il faudrait se pencher

  3. le berger et la châtaigne.. lui il compris (fut aidé; forcément) usage et avantage du ‘beurre’, l’ajout dans son quotidien (porqué se gêner) l’autre produit local se dit ‘castagna’.
    Qui ?! ..n’aimerait pas être corse, (et) de l’eau tout autour,

    pareil: pourquoi donc toutes ces frontières ? je comprends, et adhère à ce tout plein de différences culturelles (par ex) mais quid alors des x taxes ($) aussi de qql envahisseur..

    tant d’effort furent fait (que de fe-fe!) de la Grande Russie à la Yougo.. quand on voit ces pâtés de mouches tels le Burundi Rwanda: ne les empêche pas de qql épuration (en France, chez nous, on dira plutôt nettoyage)
    bref, ni trop m’égarer, ..l’homme se réserve (il adore !) qql paradoxe,
    ouiz: « tous ensemble ! un peuple, une Nation ! » ..gnâgnâ..
    et aussi: « la Hte Savoie aux savoyards ! » ..ma version perso,
    il est plaisant (?) de voir, alors comme mon autre pays, Suisse ni très épais, 4 langues au compteur, ni vraiment d’animosité (disons qql taquinerie) et même une 5°, l’anglais qu’il m’arrive d’utiliser pour converser avec qql compatriote / mon italien, mieux que mon allemand, ne suffit pas.

    Pour dire quoi.. qui n’a pas son sabir, plutôt patois que lingua franca (le contraire ?) pidgin pour l’un, argot pour l’autre, ..l’essentiel n’est-il pas d’être compris, de-se faire comprendre,
    ..encore-moi: « des efforts à faire ! »
    le bisou et le salut étant Universel (j’aime le croire !)
    /prochain épisode: le sourd & muet.. apatride !

    ps, Les Canaries (en tous cas Ténériffe; que je connais bien /aussi la Corse, bref) les panneaux indicateurs, aussi les locaux l’usent à l’aise: l’allemand..
    oui, bcp de séniors, retraités germains: des accords entre Espagne et Allemagne.

    Le Corse, n’est-il pas cet Arabe, trop feignant pour nager jusqu’en France..?!
    et aussi, cette ‘revendication’ continentale à leur adresse: « Libérez la France ! »
    ..aïe & ouille.. là c’est à moi d’aller me réfugier ! ..juste le lac à traverser😉

  4. Les bonnets rouges restent un mouvement minoritaire. D’autant plus que le mouvement a vite été repris par les politiques locaux et exagéré par les médias. Ce qui était une contestation légère s’est transformé en opportunisme politique, voire en vaste farce. Ceci est ma vision de la chose, en tant que centre-breton. J’ajoute à cela que, malgré notre fierté territoriale, nous ne sommes pas une force fanatique et inspirant à la révolte et l’indépendance! Tout ceci n’est que fable de la part des imbéciles médias… ^^

    1. C’est tellement minoritaire que ça a supprimé l’écotaxe, ce qui va donc redessiner négativement la politique des transports en liaison avec l’écologie et ce pour 5 ans au moins.

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