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Ciné – Politique : Star Wars, le réveil de la force


Ce 7ème épisode de Star Wars (La Guerre des Etoiles) est incontestablement le film de l’année pour l’évènement qu’il représente. Mais est-il aussi à la hauteur des précédents, notamment pour son contenu politique et religieux ?

Il n’est pas facile de parler de ce film sans en révéler un peu du contenu. Un défi que je vais tenter de relever par comparaison avec les épisodes précédents. Le contenu des 3 premiers (épisode 4, 5  et 6) a été l’objet de toutes les analyses de par le monde, jusqu’à des études universitaires et l’utilisation par des professeurs en cours. Il faut reconnaître que George Lucas y a intégré de nombreux éléments d’histoire contemporaine tout autant qu’en provenance des religions monothéistes. Le réalisateur de ce 7ème Opus est un fan et avait pour mission (impossible?) de réjouir les fans, conquérir un nouveau public, et …. contenter Disney Pixar dont on connaît le conservatisme politique (bien que cela soit moins présent depuis l’ère Pixar).

Cet épisode se passe quelques dizaines d’années après l’épisode 6 qui avait vu la victoire de la résistance sur l’empire. La Force avait vaincu le coté sombre. Mais alors pourquoi ce titre « le réveil de la force ». On comprend vite que la force se réveille parce que le coté sombre est de nouveau prépondérant. L’empire a laissé place à un « 1er ordre » qui n’en est qu’une nouvelle émanation via un leader dont on ne connaît pas grand chose. On retrouve la même structure hiérarchique avec une armée omniprésente mais aussi le nouveau méchant qui n’a pourtant pas le pouvoir de Darth Vador. On peut y voir la dualité Militaire-Eclésiastique dans un nouvel équilibre qui n’est pas sans rappeler aussi ce qui gouverne les USA aujourd’hui et hier. La volonté d’imposer l’utilisation d’une Arme de destruction massive est à comparer avec le lobby de l’armement. Mais JJ Abrams utilise toujours avec force l’imagerie nazie pour les uniformes des généraux et surtout le discours du général en chef qui prend des accents Hitleriens.

Face à cela, on retrouve toujours la République, qui avait, dans les épisodes 1, 2 et 3, montré les limites de la démocratie face à la peur en amenant au pouvoir un futur empereur. Le parallèle avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler était évident. Dans cet épisode 7, on ne sait pas grand chose de la République, si ce n’est qu’elle est à nouveau dominée et repoussée aux confins de cet univers. On ne parle pas de ses dirigeants ou de ses députés. On peut penser que le gouvernement est en exil et que c’est maintenant la Résistance qui a pris le pouvoir dans une lutte armée. La religion de la Force est à nouveau absente alors qu’elle était présente dans les premiers temps de cette république, comme une protection divine. C’était pourtant bien la Force qui avait permis de vaincre l’Empire. Doit-on comprendre par ce réveil appelé des voeux de tous que la Religion et la foi sont indispensables à la victoire ?

Ce n’est pas si simple car dans la Force, il y a une hiérarchie, une caste d’élus qui n’est pas héréditaire de prime abord. Il y avait un coté bouddhiste tibétain dans cette recherche du « grand Lama », d’un leader de la foi. On ne voit ni église ni prêtres mais des temples. Ici, plus rien n’est montré si ce n’est une dimension chaotique du commerce, la loi du plus fort, l’asservissement des faibles pour se nourrir. On avait déjà vu cette dimension vaguement anti-libérale chez JJ Abrams auparavant. (cf sa version de Star Trek par exemple). Mais elle reste en filigrane, se conformant ainsi à la marque Disney. On voit par contre une volonté affirmée de mettre en avant l’hérédité de la Force (et du coté sombre) , ce qui pouvait alors passer pour du hasard jusqu’à présent. C’est une aristocratie qui est ici dessinée, même si Leia n’a jamais montré une grande maitrise de l’art des Jedi. Elle était plus l’héritière de sa mère, dans l’exercice du pouvoir.

Cette aristocratie se traduit aussi par un spécisme troublant. L’empire était dirigé par des humains. Le premier ordre l’est également. Mais la république représentait la diversité avec des espèces variées de tout l’univers. La résistance montre bien des combattants de diverses origines. Mais on ne voit pas beaucoup cette diversité parmi les généraux de la résistance, le pilote leader étant aussi un humain. De là à y voir un message sur la supériorité de l’humain sur les autres espèces, on peut encore se poser la question. Chez les jedi, il n’y a heureusement pas ce problème, Yoda étant l’exemple vivant de cet anti-spécisme. Le prochain épisode devrait équilibrer les choses si on découvre un peu plus du reste de ce monde. D’ailleurs, il y a déjà un Wookie qui a pris du galon.

 Il reste finalement bien des questions sur l’orientation d’un épisode qui empreinte beaucoup à la vision de Lucas (même ses incohérences de l’épisode 3). Au delà de cela, le film fonctionne mais laisse un goût de déjà vu et de tiraillement. Ce tiraillement entre plusieurs voies se matérialise dans des incohérences autour de l’Arme, bien moins défendue que ne l’était l’étoile noire. On mettra ça poliment sur l’excès de confiance de l’armée du 1er ordre. On passera aussi sur la méconnaissance des cartes de l’univers, comme s’il fallait nous resservir l’exil de Yoda dans une planète inconnue. Après toutes ces années, on pouvait espérer un progrès. Et puis il semble que les héros doivent passer leur enfance dans des planètes désertiques et hostiles, en tant qu’esclaves. Il est vrai que ce n’est pas dans le confort que l’on se forge une envie de rébellion. Avec ce film, les fans peuvent jouer au jeu des allusions à tous les autres films, la liste étant très (trop ) longue.

JJ Abrams a essayé de « tuer le père », notamment dans une scène très symbolique. On s’amusera aussi de quelques emprunts à Lost, sa série phare (les retrouverez vous ?). Les prochains épisodes ne seront que produits par le réalisateur, ce qui donne matière à réflexion sur l’orientation politique et religieuse de cette nouvelle trilogie. La vision binaire du monde reste toujours de mise et sera toujours criticable. Elle guide finalement encore les politiques mondiales où chacun jure être du coté de la force face à un coté sombre. N’oublions pas, alors, le destin d’un Sénateur Palpatine qui luttait aussi du coté de la Force a ses débuts, avant de se dévoiler. Qui sait quel twist on nous proposera ?

PS : non, vous ne verrez pas les mêmes images du film

Une réflexion sur “Ciné – Politique : Star Wars, le réveil de la force

  1. ho i postumi della sbornia, ich habe eine kater et I’m in Lego: gueule de bois..
    moi ? ça va merci, bref (?)
    je voyais, là ces jours sur canal+, l’épisode #1 de Star Wars (et non Stars War ? la guerre des étoiles.. anyway) version courte: plutôt déçu.
    Surpris de son aspect bricolé, pas même ‘BD’, d’x degré, d’ailleurs pas regardé, étonnant car bon public; sorti 77, pourquoi fait-il si vieillot.. (mes souvenirs aussi ont reçu)
    ne suis pas ès cinéphile, ni aguerri ni dire d’ânerie, alors je pense western spaghettis -comparaison de réalisme et personnages.. sur wiki le Bon la Brute.. 1966, 11 ans de moins (zut alors)
    Est-ce si important ? si l’histoire elle..
    ben oui le film, alors le style, l’image ! (que mon avis) pis envie de le dire, ..Buenas

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