France : Macron et son réseau


En cherchant des renseignements sur Emmanuel Macron, le ministre français des Finances,  je suis tombé par hasard sur une curieuse photo de son compte Twitter avec le maire de Chicago, Rahm Emanuel,  et l’ambassadrice américaine à Paris Jane Hartley. J’ai trouvé étrange que le ministre soit si fier de cette rencontre plutôt atypique pour son activité.

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Si le ministre est plutôt égocentrique et narcissique, aimant poser sur les réseaux sociaux, il aime retweeter ce que met l’ambassadrice américaine (voir le 8 décembre par exemple).  On le voit aussi poser avec le patron de Nokia, avec Michael Bloomberg (ex maire de New York mais surtout personne influente du milieu de la finance US). De là je me suis intéressé au réseau de ces personnes…

Pour Jane Hartley, c’est assez facile. Son mari n’est autre que Ralph Schlosstein, président de la banque d’investissement Evercore. Mais il est plus connu pour son passage chez BlackRock, le plus important gestionnaire d’actifs du monde. Il fonde cette entreprise avec Laurence D. Fink, et surtout l’appui de BlackStone, qui prend 50% des parts. BlackStone est une banque d’investissement créée par Peter G. Peterson, secrétaire du commerce sous Nixon, puis PDG de Lehman Brothers (la banque ayant eu la faillite la plus retentissante dans la crise de 2008), mais surtout titulaire d’un MBA de l’université de Chicago. Cela en fait un disciple de Milton Friedman, gourou d’une vision « libertaire » ou ultralibérale de la finance.

Pour Rahm Emanuel, outre sa ville d’origine, il faut suivre le parcours de ce « démocrate ». Car dans son parcours politique, il y a une étape dans la finance. Tout d’abord dans la Banque de Steven Dresner, membre influent de la communauté de la finance à Chicago, notamment au Michael Polsky Center for Entrepreneurship de l’Université de Chicago. Dresner est aussi diplomé de cette université. Mais Rahm Emanuel a été aussi dans la société Freddie Mac, surnom de Federal Home Loan Mortgage Corporation, organisme créé par le gouvernement fédéral pour gérer les prêts hypothécaires. Elle sera en première ligne dans la crise des Subprimes, aidée à hauteur de 35 Milliards de dollars. Il y croisera Franklin Raines, éminent diplomé d’Harvard, passé par la banque Lazard, et dont le rôle dans la crise des subprimes est majeur par sa volonté de dérégulation.

De nombreux documentaristes ont montré la main-mise de l’establishment financier US par la filière d’Harvard dans laquelle on retrouve aujourd’hui beaucoup d’ingrédients de l’école de Chicago. La perméabilité entre les deux écoles rivales est maintenant avérée, surtout dans la phase de déréglementation de la fin des années 90. Depuis 2003, l’université de Chicago a ouvert une filliale à Paris et dispose de partenariats avec Science-Po, HEC. C’est le prolongement mondial d’une stratégie commencée dans les années 60 en Amérique du sud afin d’insinuer la vision libérale dans les administrations des pays. Voir aujourd’hui un Emmanuel Macron poser fièrement auprès de sbires de cette école de pensée est assez symptomatique mais cela ne s’arrête pas là.

Car Emmanuel Macron (ex Banque Rotschild) a été membre d’un groupe nommé les Gracques, dans lequel on retrouve des gens comme Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers de 2008 à 2012, secrétaire général de la présidence de la République (avec qui il est de la même promotion de l’ENA)…,  ou Matthieu Pigasse, directeur général délégué de la banque Lazard en France et vice-président de Lazard en Europe, bien que rival affiché du ministre dans l’accession au pouvoir. Mais Emmanuel Macron a aussi été dans le groupe de la Rotonde, composé notamment des économistes Philippe Aghion, Elie Cohen. Aghion est notamment l’auteur d’un rapport dans lequel il dit être « favorable à la déréglementation du marché des biens et à la libéralisation du marché des services.  » Accessoirement, Aghion enseigne à … Harvard. Elie Cohen est cet économiste omniprésent dans les médias, … et les conseils d’administrations, mais qui considérait en 2007/2008 que la crise financière était un évènement bénéfique pour l’économie, permettant de revenir aux fondamentaux. Ce que l’on peut traduire justement par la pensée de Milton Friedman sur le choc économique permettant des réformes rapides pour revenir à une économie » pure ». Macron n’a pas été recruté chez Rotschild en tant que directeur, sur la foi de ses études en phiosophie ou son diplome, mais aussi pour la qualité d’un réseau.

Si l’on ajoute à cela l’étrange coïncidence des mesures insérées dans les Lois Macron avec ce qui est demandé dans l’accord transtlantique TISA sur les service, et que l’on lit les procédures utilisées par le passé par les multinationales américaines pour dérèglementer des marchés à leur profit (voir par exemple l’Argentine, le Brésil, le Chili, le Vénézuela aujourd’hui), on peut se poser des questions légitimes sur les influences de ce ministre. L’accumulation dans ses fréquentations de personnes dont l’idéologie est totalement orientée vers une dérèglementation ou une « purification » de l’économie donne une indication claire sur l’orientation des deux années à venir. Bien évidemment, il n’est pas le seul mais à voir l’orientation économique prise en Europe dans d’autres pays, on sait dors et déjà que c’est vers une Europe ultralibéralisée que nous pourrions nous diriger à laisser faire cela. Dans le contexte politique actuel, c’est aller droit vers un chaos que ces financiers voient comme salvateur… pour eux.

 

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