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Kurdistan : L’imbroglio qui oublie l’histoire


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Aujourd’hui, on entend parler beaucoup du Kurdistan et des bombardements de la Turquie sur cette zone. Au point de faire un turkishbashing qui ferait passer Vladimir Poutine pour un ange. Et l’histoire dans tout ça ?

Si la situation du Kurdistan est complexe, c’est qu’elle remonte à des périodes très lointaines. Mais c’est surtout durant le 20ème siècle qu’il convient d’avoir une lecture de l’histoire pour comprendre les enjeux d’aujourd’hui. En 1920, le traité de Sèvres prévoyait la création d’un Kurdistan et d’un territoire Arménien très large. Mais dans le contexte de la guerre civile qui éclata au sortir de la première guerre mondiale, le traité ne sera jamais ratifié. La république de turquie est proclamée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk, qui en fait une république autoritaire et laïque. Le traité de Lausanne signé en 1923 va annuler le projet de Sèvres et faire fi du peuple kurde qui était pourtant divisé en émirats et petits royaumes. Entre un traité de Sèvre qui était innaceptable (comme l’était le traité de Versailles pour l’Allemagne) et un traité de Lausanne vécu comme une trahison, les alliés de 1918 ont semé la discorde dans tout le moyen orient avec l’ajout de l’accord Sykes-Picot dès 1916. La situation actuelle est l’héritage de ces mauvaises décisions.

l’accord avorté….

La turquie moderne, post-atatürk, a la volonté de revenir dans le concert des grandes nations et de ne plus subir de diktats comme par le passé. Membre de l’OTAN sans être entendue à sa juste valeur, elle semble subir encore les restes d’un néocolonialisme hérité de ces accords. Il n’y  a qu’à voir, pour s’en convaincre, les demandes de l’Europe pour l’ouverture de la frontière sud et la fermeture de la frontière nord. La Turquie doit accueillir aujourd’hui près de deux fois plus réfugiés que l’Europe entière ! Et on voudrait qu’elle le fasse avec le sourire. Il faut parfois être réaliste : 3 milliards d’Euros sont une paille pour des conséquences durables dans la société turque, notamment à l’est du pays.

Nous pouvons déjà voir ce que donne la présence de réfugiés à Calais… Alors que l’occident a destitué les régimes autoritaires, mais laïcs, irakiens et libyens avec des conséquences sur tous les pays alentours, alors que la France intervient au Mali pour essayer de mettre un pansement sur un cancer et réparer ses erreurs passées, alors que  les divers belligérants continuent de bombarder aveuglément civils et terroristes en Syrie et Irak, il faut regarder la situation à la frontière orientale de la Turquie. Il n’y a jamais eu autant d’armes de guerre qu’aujourd’hui. Ces armes passent de camps en camps au grè des batailles. On sait ce qu’il est advenu des armes fournies en Libye qui sont aujourd’hui aux mains de milices terroristes, de pouvoirs locaux, etc… Que deviendront ces armes après la chute de l’EI ? Est-ce que l’on croit naïvement que les différentes factions kurdes ( mais sont-elles vraiment représentatives du peuple kurde ? ) vont rendre ces armes pour négocier un accord sur un territoire entre Syrie, Irak, Arménie, Turquie et Iran ? C’est impossible mais on ne peut en vouloir non plus aux Kurdes qui se défendent de tout coté pour obtenir une indépendance ou à défaut une autonomie. Pris entre tous ces feux, ils jouent avec tous les leviers possibles.

Il faut rajouter à cela la situtation diplomatique plus que tendue entre les nationalistes Erdogan et Poutine. C’est un véritable dialogue de sourd qui s’est installé. L’Europe n’ayant aucun poids et prenant toujours les deux interlocuteurs de haut, au même titre que les USA, il en ressort une impossibilité de créer les bases d’un quelconque accord dans cette région. Sans aller jusqu’à prédire une troisième guerre mondiale, comme certains le font hativement, il faut avouer qu’aucun des camps en présence ne fait d’effort pour calmer la situation. Les puissances occidentales croient toujours être les gendarmes du monde, et les seigneurs qui se partageaient les royaumes autrefois. Ce faisant, elles ignorent tout des peuples de ces régions, que cela soit au Liban, en Palestine, en Irak, en Syrie, et bien ailleurs. Les intérêts économiques (marchés de l’armement, pétrole, ressources minières…) priment toujours sur le bien commun. La seule issue possible viendrait de médiateurs peu impliqués dans la région, comme ont pu l’être parfois les diplomaties scandinaves (qui ne sont pas toutes dans l’UE, rappelons le !).

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