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Accord de Partenariat Transpacifque : Une épine dans la botte chinoise ?


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L’information n’a pas fait bouger beaucoup les médias européens et pourtant elle a une importance financière et géostratégique : 12 pays situés autour de l’océan pacifique ont signé un traité de libre-échange.

Parmi ces 12 pays ( Australie, Brunei, Canada, Chili, États-Unis, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Vietnam ), beaucoup sont des alliés traditionnels des États-Unis. Après 7 ans de négociations, on remarque la présence de Singapour et du Vietnam. Ce dernier pays, autrefois proche de la Chine, est en conflit larvé avec son voisin au sujet des iles Paracels. En recherche de partenaires face à son voisin et autrefois allié, le Vietnam multiplie en ce moment les rapprochements avec Japon, USA, Australie, voir Inde, que cela soit économiquement mais aussi militairement. Ces derniers mois, la Chine a choisi l’escalade en mettant en place des batteries de missiles, des radars et en s’appropriant littéralement les îles, aussi disputées par les Philippines.

Mais en dehors de ce contexte géo-politique, il faut aussi regarder la situation économique. L’économie chinoise approche du ralenti, un ralenti relatif mais qui a mis en lumière les approximations des chiffres annoncés par Pekin. La dépendance aux marchés extérieurs reste forte pour un pays qui a souvent surdimensionné des pans de son économie, notamment par rapport à son propre marché domestique. La dépendance énergétique devient un sujet majeur et le pays est dans une phase de mutation, souhaitant diminuer la part du charbon à terme. Mais il ne faut pas non plus croire que la Chine va connaître une crise semblable à celle du Japon en 1990. La bulle spéculative est très différente et ne touche pas les même secteurs d’activité.

chinemenage

Le risque pour la Chine est l’Isolement commercial. Un risque vite balayé par le réalisme dont font preuve les industriels chinois. En effet, ceux-ci y voient un intérêt pour leurs filiales déjà installés dans les pays de l’accord et donc une facilité de débouchés commerciaux La Chine n’a pas attendu le TPP pour délocaliser des activités. Le véritable risque est plus dans ce transfert d’activité vers les pays tiers et signataires du TPP. Il ne faut pas oublier la présence de l’ASEAN, Association des Nations de l’Asie du Sud-Est, qui avait alors en 1967 une visée politique plus qu’économique. Elle réunit tous les pays au sud de la Chine, et depuis les années 90, les anciens satellites communistes de la zone. Ce double pôle économique et politique semble jouer le rapprochement avec une vision trans-pacifique et libre-échangiste, que supportent les USA.

La politique chinoise, ouvertement nationaliste et conquérante aujourd’hui, ne facilite pas la mise en place d’accords commerciaux à même de séduire des partenaires régionaux. Mais pourtant, les frontières continuent de laisser passer de nombreux échanges avec les voisins. En fin 2015, la Chine a baissé ses droits de douane à l’importation sur 14 catégories de produits (source), ce qui montre bien la prise de conscience du gouvernement chinois. Economie et Politique n’ont pas toujours les mêmes intérêts.

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