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France : Loi travail et représentativité


Le passage en force et les modifications de la « Loi Travail » dite El Khomri (en réalité, Macron 3) posent une fois de plus un problème de la représentativité des élus.

Selon divers sondages, plus de deux tiers des français sont contre cette loi. Parmi ces deux tiers, il faut considérer que beaucoup sont des abstentionnistes, puisque la majorité parlementaire ne doit guère dépasser les 20% de personnes en âge de voter, en prenant en compte le premier tour. Et parmi ces deux tiers, pas sûr que tous soient contre pour les mêmes raisons, entre les partisans d’une économie dite libérale (encore faudrait-il s’entendre sur le sens du mot) ou d’une économie plus sociale. Une chose est sûre, cette loi passe avec de menues modifications, ne contentant personne et favorisant à la fois la fragilisation sociale sans permettre d’atteindre la compétitivité réclamée par le MEDEF. Il n’y a pas eu de débat mais un dialogue de sourds et la synthèse chère à François Hollande n’est que de façade, dans le plus pur style Xavier Bertrand/François Fillon lors de la réforme des retraites du quinquennat précédent.

La question qui s’impose maintenant, après ce constat, est de savoir comment sortir de cette impasse qui fait monter la grogne. Il y a bien sûr de la résignation chez beaucoup de français, ce qui mène à l’abstention et à encore plus de manque de représentativité. L’extrême-droite se retrouve même confortée dans son rôle de véritable opposition, tandis que les médias accentuent la confusion chez les mouvements de gauche (confusion factice avec le PS pour les verts, confusion imaginaire avec l’extrême-droite pour l’extrême gauche et le PG). Sachant que les reculades du gouvernement ont été faites après des violences graves (voir les Bonnets rouges et la FNSEA, par exemple), certains observateurs se posent la question du recours à la violence chez ceux qui veulent faire entendre leur voix. Aucun parti dit démocrate n’irait prononcer évidemment de tels mots mais on a vu combien les partis et les syndicats ne représentent plus l’exaspération qui gagne ce pays. Cette exaspération fait l’objet de tentative de captation chez le FN, dans sa traditionnelle capacité à promettre et à montrer du doigt, avec tous les risques que l’on connaît en relisant l’histoire. Mais pour ceux qui sont totalement opposés à l’idéologie d’extrême-droite, la question n’a pas de réponse. Puisque le modèle pseudo-démocratique ne fonctionne plus, ne faut-il pas en changer, et dans ce cas, par la force (le système étant lui-même verrouillé constitutionnellement) ? La question mérite réflexion, à défaut d’une réponse positive. Coté Gauche, les mouvements pour une autre constitution et les réflexions issues DES Nuits debout (et non pas DE nuit debout) restent rangées dans le rayon utopie, … pour l’instant. Les plateformes d’idées et pseudo think-tank n’ont pas la structuration nécessaire, et aucun leader ne se dégage de tout cela (Melenchon en rêve pourtant…), par peur aussi d’une récupération.

De l’autre coté, on a un réel pouvoir de nuisance du MEDEF, mouvement patronal qui n’est pourtant pas représentatif du tissus économique. Ils passent pour progressistes auprès de la presse complice alors que c’est un retour à des recettes du fin 19ème siècle/début 20ème siècle. La division syndicale, autant pour le patronat que pour les employés ne joue pas en faveur d’un dialogue social tel que l’on peut le voir dans d’autres pays occidentaux. D’ailleurs, qui représentent aussi les syndicats, en dehors de quelques particularité corporatives et de situations de crises? Plus grande hélas, à force de compromissions et de trahisons. Mais il faut mettre un bémol à l’idéalisme sur la situation des pays nordiques et de l’Allemagne. On voit aussi progresser une même exaspération, provoquée parfois par les problèmes migratoires et une pauvreté bien réelle chez les anciennes classes moyennes, ce qui a abouti à un accès au pouvoir de l’extrême droite, dans les assemblées et dans quelques grandes villes. La France serait-elle demain dans une telle situation ?

Le 49.3 de Valls laisse planer cette peur chez bon nombre de députés qui n’auront pas le courage de voter contre ce gouvernement dans une motion de censure. Car ils risque évidemment de perdre leur poste, chèrement gagnée, mais aussi de favoriser la montée du FN dans cette assemblée, si on en croit le lobbying intense des caciques du PS. Pourtant, ces députés seraient bien inspirés de défendre d’abord l’intérêt commun plutôt que le leur et de montrer qu’ils l’ont fait ensuite. Peut-être sauveraient-ils leur peau, et en tout cas prouveraient leur utilité par un acte plutôt que dans les paroles. Alors évidemment on nous dirait que la majorité changerait de camp, un an avant l’élection et que ce serait un piège bien ficelé pour un des leaders de droite. Mais finalement, n’est-ce pas aussi prendre le risque d’avoir une assemblée plus représentative de l’opinion des français, quand bien même serait-elle perdue sur de mauvaises voies ? Ne nous leurrons pas, les votants eux-même ne sont plus représentatifs de grand chose, les « jeunes » boudant les urnes, et les « vieux » se retrouvant sur-représentés. La loi travail ne fait finalement pas que détruire le consensus social français, elle détruit encore un peu plus la politique en France. Et comme prévu, c’est François « Attila » Hollande qui s’illustre comme maître d’oeuvre de tout cela, croyant mieux détruire ses adversaires.

5 réflexions sur “France : Loi travail et représentativité

  1. Encore une fois le FDG est mis dans la case « extrême gauche ».
    Didier certains au PG se réclament du FDG alors ?

    La droite n’a pas été con elle a déposé sa motion de censure hier. C’est donc celle-ci qui sera discutée …. normalement.
    Le FDG aurait dû faire pareil … mais avant la droite.
    En ce moment tourne en boucle l’intervention de Hollande et consorts sur l’article 49.3…. en 2006 !!! Faudrait qu’ils se soignent tus pour la maladie d’Alzeihmer (du coup jne sais même plus l’écrire je crois bien!).
    Sur ce point je suis d’accord avec Mélenchon. Si REELLEMENT on veut se débarrasser de cette loi faudra faire avec la motion de la droite.

    Mais ….

    1. Oui, on range vite tout ce qui est à gauche du PS actuel dans la case extrème, ces temps ci, en faisant au passage un amalgame étonnant avec des Trotskiste, des Staliniens, des Anarchistes, etc…

      1. Je dirais même plus : ranger tout ce qui ne va pas dans le sens du PS dans les extrêmes EST la marque de fabrique de ce gouvernement. A l’extrême gauche comme à l’extrême droite. En opérant de cette manière, le gouvernement ne fait qu’enrager tous les mouvements contestataires.

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