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France : La Police au coeur d’une manipulation politique


Entre les affiches provocatrices de la CGT et l’appel à la manifestation d’UN syndicat de policiers, la Police française est au coeur de manipulations politiques, pour ne pas dire une….

Entre les embrassades de policiers après les attentats de Charlie et aujourd’hui, l’image de la police a complètement basculé. La faute à qui ? A elle en premier lieu, mais surtout à ceux qui sont à sa tête. Mais cela ne date pas d’hier… Entre l’affaire de Zyed et Bouna, la mort de Rémi Fraisse (mais là c’était la Gendarmerie), ou encore l’affaire Malik Oussekine, l’histoire est entachée de bavures mortelles qui restent dans l’inconscient collectif. Pourtant, aujourd’hui, ce n’est pas une nouvelle bavure meurtrière de ce genre qui est reprochée à la Police mais une série d’incidents et le problème du maintien de l’ordre dans des manifestations.

manifflic Comme on l’a déjà vu il y a plus de 6 mois, la technique de maintien de l’ordre est la même. Elle est contre toute logique puisqu’elle consiste à laisser venir les casseurs, les laisser s’unir (l’union fait la force dit-on) et se munir d’armes grâce au mobilier urbain, trouver des soutiens dans la manifestation jusqu’à ça dégénère dans un espace défini. Un syndicat de police minoritaire dénonce cette technique. Et même Alliance, premier syndicat policier depuis les élections professionnelles de 2014, dit à demi-mots qu’il y a un problème de stratégie. Le magazine Marianne titre :

Pourquoi les policiers doivent-ils « attendre des heures face à des casseurs identifiés » avant d’intervenir ? C’est la question posée par Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, qui estime qu’il y a peut-être là une volonté politique de « discréditer le mouvement social ».

Ce n’est pas ce qui  est retenu comme thème de la manifestation. Au contraire, on insiste sur la « Force » qui doit rester loi, un thème cher à l’extrême droite, alors qu’on préfèrerait sans doute le dialogue et l’application de la loi. On parle de « stigmatisation », ce mot qu’on utilise plutôt vis à vis de communautés visées par le racisme. Quand on connaît la proximité d’Alliance avec la droite de la droite, on ne sera pas choqué par ces mots. Mais on est étonné ensuite de voir ces mêmes « éléments de langage » utilisés par les habituels membres du parti LR que sont Ciotti, Wauquiez ou Sarkozy, tout autant que par le ministre de l’intérieur et le premier ministre. On a l’impression que tout a été très préparé en amont, malgré l’amateurisme très forcé de l’affiche. Et dans les médias, on a peu vu le second syndicat policier, orienté à gauche.

 

Tout cela s’inscrit dans les manifestations contre la Loi Travail et le mouvement Nuit Debout qui fait boule de neige. La droite minimise les participants et le gouvernement ne sait comment prendre cela. On sait pourtant bien que les révoltes ne sont toujours le fruit que d’une minorité. Si on lit des nuances à cela dans la presse écrite, le message à la télévision est tout autre, visant les casseurs comme seuls responsables, évitant souvent la stigmatisation de …. la Police, et surtout de parler du fond de cette réforme. Il faut ajouter que la Police est aussi particulièrement à cran avec le plan Vigipirate, à l’efficacité douteuse. Enfin, il faudrait discuter des zones choisies car beaucoup de quartiers et de villes se plaignent du manque de moyens policiers. Voilà alors un autre débat qui surgit, sur l’insécurité croissante ressentie par les concitoyens. C’est ici une bataille de chiffres, chaque partie ayant les siens pour prouver que tout va mieux ou tout va pis. L’insécurité est quelque chose qui va au delà des chiffres, où il y a un ressenti. Si l’on est soi-même ou par un proche touché par une agression ou un vol, on ressent l’insécurité. Si on est abreuvé d’images de crimes et délits, comme c’est le cas chaque soir sur les chaines de la TNT, on ressent l’insécurité. Mais dans la réalité le vrai débat est escamoté. Le pouvoir s’est plus empressé à interdire l’accès aux manifestations à quelques personnes (prouvant ainsi qu’elles étaient connues en amont…. avec des erreurs comme un journaliste militant, un truc qui se fait rare), que de régler d’autres sujets plus profonds.

Même du coté de la CGT (hors Police) avec l’affiche sur les violences policières, on ne parle pas de stratégie de gestion des manifestations ou de répartition des moyens. Dans la vie réelle, on a pourtant une inégalité de traitement. Qui n’a pas vu une plainte ou un appel non traité, et de l’autre coté des policiers en groupe s’acharner sur un pauvre travailleur qui n’a pas la bonne couleur de peau. On tombe très vite dans les caricatures sans remettre les choses à plat. Du coté du pouvoir, on retrouve les mêmes méthodes et les mêmes éminences grises (les Bauer et autres…) quelque soit le bord, et on joue au yoyo avec le budget et les effectifs sans remettre en cause le fond. Les syndicats de police restent coincés entre le devoir d’appliquer des ordres et les contraintes administratives. On parle plus du manque d’essence pour les voitures de patrouille (qui servent plus à aller faire des courses dans certaines communes en surdotation) que de l’efficience des moyens et des procédures.

On a donc ici plusieurs manipulations, dont la principale consiste déjà à couper un mouvement social des citoyens. La Police se retrouve un instrument et réalise un peu tard qu’elle paiera les pots cassés à elle seule. La seconde manipulation est de laisser croire que notre police est en manque de moyens. Il y a 222 000 policiers, et on voit selon une étude récente que la France est bien située.

Il y a deux ans, c’était justement FO Police qui se faisait entendre sur le sujet de la rémunération et des moyens. On parle peu du fait que la Justice française est en queue de classement européen (pdf) pour le budget, ce qui rejaillit ensuite sur la …Police. Le budget de la Police est, par exemple, supérieur à celui de son équivalent Allemand (6,6 milliards en 2015), dont le budget de justice est deux fois plus élevé, par habitant. On voit peu les policiers militer pour que leurs affaires soient mieux traitées. C’est pourtant bien là le coeur du problème et … de la manipulation des chiffres. On se demande, au passage, ce qu’il en sera avec un président de droite, chaque candidat à la primaire voulant diminuer les moyens de l’état de manière drastique (non remplacement de fonctionnaires et coupes budgétaires non ciblées). Lors de cette manifestation on se demandera peut-être si la Force est plus le coeur du débat que la Loi. Et celle-ci doit bien être respectée par tous, police comprise.

4 réflexions sur “France : La Police au coeur d’une manipulation politique

  1. Étonnamment hier, sur France 2, lPujadas n’a pas parlé des casseurs en premiers mais des manifestants.
    Bon ok, pour dire que ça diminuait en nombre (donc en crédibilité ? lol sacré journaleux de merde) mais quand même, un progrès.
    D’un autre côté, 12 casseurs arrêtés sur 60000 manifestants, chaud de tenir l’actu avec un si « gros » pourcentage😀

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