Le #Blogging du Dimanche : Facere Certiorem


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Si le titre de cet article est en latin, c’est pour montrer que le sujet vient du plus lointain des ages et est universel. En Français, on traduira cela par Informer.

Le Blog est une des manières, aujourd’hui d’informer, même s’il peut prendre la forme d’un journal presque intime, d’un annuaire de liens ou d’avis très personnels. Si je prends l’exemple de mon illustre confrère Juan, à travers ses différents blogs, on voit que l’on peut compiler des informations sur un sujet donné, ou bien donner un avis sur une question d’actualité, à la manière d’un éditorialiste. Ce dernier cas est aussi une manière d’informer ou de pousser le lecteur à une réflexion sur une question particulière. Encore faut-il que le lecteur fasse l’effort d’aller plus loin, de confronter des avis, des informations. Quant à la neutralité de l’information, c’est une illusion. Même si l’on se doit d’être objectif en rapportant une information, la “mise en scène” de celle-ci dans une certaine structure, oriente forcément son lecteur.

Prenons par exemple l’article qui précède celui-ci, sur l’armement et l’Ukraine. Le but était d’utiliser le parallèle entre l’Ukraine et d’autres conflits récents se rapportant à la guerre froide pour montrer qu’il y avait à la fois un danger mais aussi qu’il est utopique de croire que la diplomatie seule peut tout régler. En commençant une première version très factuelle, enchainant les données, cela donnait un article touffu, peu lisible, ennuyeux dans le cadre d’un magazine généraliste. En sabrant quelques passages, on se retrouve à être plus dans une mise en scène de l’information et à quitter factuel et objectivité. Et là, on rentre en conflit avec des intérêts personnels, des avis rédactionnels. Sur un tel sujet, il semble que la place ne soit plus dans un magazine web généraliste devenu culturel (trop?). Des webzine géopolitiques prennent finalement moins de gants en mêlant des avis opposés beaucoup plus tranchés.

La dérive People

Plus récemment, dans le cadre du crash de l’A320 de German Wings, nous avons assisté à une nouvelle dérive “people” de l’information. Les divers journaux télévisés nous ont raconté l’histoire de quelques passagers avec force visages, histoire, sans doute, de rendre plus vivant ce récit de catastrophe. Un comble qui est surtout là pour déclencher la larme, pour que le téléspectateur s’identifie et donc veuille suivre l’enquête. A la manière des tabloids, les JT deviennent des journaux people, à la quête du sensationnel, du témoignage choc. Mais où est l’information ? L’information est arrivée plus tard, bien plus tard, lorsqu’une fuite (!?) a dévoilé le rôle du copilote dans cette tragédie. Mais c’est encore un enchainement de témoignages de parents de victimes, des images du copilote, de sa demeure et celle de sa famille qui sont balancées, sans retenue. Qu’est-ce que cela apporte de montrer la maison de sa famille ? Rien. Mais on peut penser qu’en plus de porter le deuil, cette famille ne pourra plus jamais vivre tranquille dans cette ville.

Pourquoi tout ça ?

Après tout cela, il me vient souvent des questions. Pourquoi continuer ce blog ou à écrire pour un webzine. Je continue avec plaisir à parler de musique sur Histozic.fr mais parler d’autres sujets culturels m’ennuie, du fait même de la profusion de sites dans ce domaine. Je participe à Sens Critique, par exemple et j’avoue que cela suffit bien. Et comme maintenant les autres rubriques semblent moins soutenues pour titiller la curiosité et la réflexion du lecteur (si si, il y en a encore qui sont sensibles à cela), je suis dans le doute. Icezine était un fourre-tout étrange, hétéroclite, plus ou moins éloigné du blog mais qui me ressemblait un peu. Mon collègue allemand Frizztext est un peu comme cela aussi, alternant sujet de fond, musique, photographie selon les périodes et l’envie. Et quand je ne me retrouve plus quelque part, inutile de se forcer, il n’en sortira que de mauvaises choses.

La passion

Car au fond, ce qui anime tout cela, c’est le feu de la passion qui couve au fond de soi. Si je prends l’exemple de Frederic Bezies, c’est bien la passion du logiciel libre, de la musique qui l’anime pour qu’il nous fasse connaître ses découvertes musicales mais aussi ses tests et tutoriels bien utiles. Alors lorsque cette passion devient un métier (tiens, ça me rappelle le sujet de philosophie de mon bac…), reste-t-elle longtemps une passion ? Le métier d’informer me semble au cœur de ce questionnement comme tant d’autres, tel l’enseignement par exemple. La passion a aussi ses excès, ses cotés destructeurs, son irrationalité. Confrontée à l’actualité, la passion d’informer peut-elle aussi survivre à son aspect mercantile ?  Informer est presque un service public. C’est une liberté chèrement conquise et qui a aussi des devoirs.

Trouver un but

Nous l’avons vu très récemment, l’excès d’information a des dangers. Trop faire savoir peut aussi exposer des innocents, tandis que parfois il faut en sacrifier pour en protéger un peu plus. Ce choix, nous ne pouvons le ressentir devant un écran, sur un clavier, sur des sujets anodins. Et pourtant, des blogueurs sont aussi emprisonnés dans le monde, juste pour avoir dit ce qu’ils pensent. Juste pour eux, il faut continuer à s’exprimer quand on en a la chance, avant que d’autres nous coupent ce mode d’expression. J’ai sans doute trop écrit sur des sujets anodins, inutiles, ludiques. Mais je regarde les statistiques des articles et remarque que finalement, le temps fait le tri pour moi, ne gardant que ce qui est utile, que ce qui informe ou aide (les tutoriels), plus qu’un avis sur un fait divers aussi vite oublié qu’une série télé. Alors cet article refusé, même imparfait, j’y tiens bien plus que les 10 autres critiques cinéma et musique que j’ai commis pendant ce temps. Aujourd’hui je ne sais pas encore ce que je ferais d’Icezine (devenu Derrière l’écran) mais ce que je sais, c’est que je continuerai à écrire et diffuser des informations, même si elles ne touchent qu’une dizaine de personnes, sur tous ces sujets méconnus, ignorés, utiles censurés ici ou ailleurs.

#Geopolitique : Ukraine, danger du marché de l’armement


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A l’heure où le camp de l’OTAN discute de son soutien au régime Ukrainien, il serait intéressant de jauger les conséquences de la fourniture en arme dans les conflits mondiaux.

La dispersion d’un conflit

Si “guerre froide” pourrait bien être un terme à nouveau d’actualité, les conséquences de la précédente guerre froide ont trop souvent été oubliées. Un seul exemple mérite à lui seul un instant de réflexion pour mieux appréhender les conséquences possibles du conflit ukrainien  : L’Afghanistan. Lorsque l’URSS a envahi son voisin en 1979, c’était pour soutenir un des camps d’une guerre civile larvée qui durait déjà depuis quelques années mais aussi pour répondre à la menace conjointe d’une opposition soutenue par le duo Pakistan/Etats-Unis et de celle soutenue par l’Iran dont la révolution vient de porter au pouvoir l’Ayatollah Khomeini. La peur d’une contamination dans les territoires d’Asie centrale pousse le régime de Moscou à intervenir et le conflit fera plus de 150 000 morts militaires et plus d’un million de civils en 10 ans, continuant ensuite jusqu’à aujourd’hui. Bon nombre des armes de l’époque soviétique se sont retrouvées durablement sur les champs de bataille. Les Etats-Unis, la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Pakistan ont soutenu les belligérants en vendant des armes, en apportant un soutien logistique en base arrière en plus de l’enseignement au métier des armes. On parle de 3 à 4 milliards de dollars de soutien pour USA et régime saoudien (des sources pakistanaises parlent de 8 à 10 milliards pour le soutien du golfe). Ces milliards alimentèrent les différentes factions de Moudjahidines dans un pays divisé en tribus et pas des plus recommandables. L’enseignement prodigué servira ensuite à alimenter des camps d’entrainements peuplés de mercenaires qui iront ensuite monayer leurs talents sur d’autres terrains d’opérations. Les réseaux d’approvisionnement clandestins en armes et les réseaux de financement sont constitués pour un bon nombre de conflits en Afrique du nord, Moyen Orient, mais aussi Asie du sud-est, Afrique centrale et Asie centrale. Aujourd’hui en Ukraine nous observons l’afflux de combattants en provenance des Balkans, notamment d’ex-Yougoslavie mais aussi de Pologne, Biélorussie et même des pays baltes, en plus des combattants russes officieux et officiels. Le phénomène n’en est encore qu’au début.

Des armes perdues

440px-Afghan_AKS-47-300x199Les approvisionnement en arme pour soutenir une armée officielle et formée par des occidentaux a parfois des conséquences innatendues. Nous avons pu l’observer très récemment en Irak. Daesh s’est constitué non seulement par un rectrutement local et un approvisionnement par des filières constituées lors de ces conflits passés, mais aussi en prenant à l’ennemi les armes laissées. Quand nous disons laissées, c’est autant par des déserteurs, par une armée irakienne sous-payée, désorganisée, mais également après des batailles gagnées souvent par l’intimidation. La perte de Mossoul en est le pire exemple, les terroristes s’emparant de chars et véhicules blindés flambant neufs en plus des habituelles armes légères. Si l’on ajoute le pétrole vendu “clandestinement” avec l’assentiment des groupes pétroliers, nous voyons bien que le risque est conséquent. Ajoutons que dans le monde, 76% des armes sont détenues par des civils, ou considérés comme tels, c’est à dire des personnes pouvant former des milices et des armées non régulières, comme celle des pro-russes en Ukraine mais aussi les Milices nationalistes ukrainiennes qui faisaient la loi à Kiev lors de la chute du précédent régime. De l’arme légère, nous voyons maintenant un afflux d’armement plus lourd fourni aussi bien par la Russie coté pro-russe que d’autres pays occidentaux et sans doute des BRICS.

L’Ukraine, pays armé

weapons-300x200Mais ce serait oublier que l’Ukraine est un fort producteur d’arme dans le monde avec 2% du marché de l’armement mondial soit 589 Millions de Dollars en 2013 (contre 1489 pour la France) le situant au 10ème rang. Cette production est issue de la chute de l’empire soviétique et n’a pas forcément connu de modernisation mais permet la fourniture d’un armement “bon marché” très prisé dans de nombreux conflits. Les villes de Lugansk,Dnipropetrovsk ou Kharkhiv disposent de grands fournisseurs, de même que Kiev. On remarque qu’une majorité de ces fournisseurs sont situés à l’est de la ligne formée par la rivière Dniepr qui coupe le pays en deux et dans des régions pro-russes. Face à cela, nous avons une Russie qui a beaucoup misé sur l’industrie de l’armement ces derniers temps (8580 Millions de Dollars en 2013 avec une augmentation graduelle depuis l’ère Poutine), autant pour son propre besoin que pour rayonner à nouveau dans le monde. De ce point de vue, tout conflit reste l’occasion de montrer le matériel en action, de spéculer cyniquement. Il n’est donc pas sûr que tout le monde perde dans cette affaire. L’OTAN et l’establishment Etats-uniens ont gonflé également le budget militaire ces deux dernières années à hauteur de ce qu’il était après les attentats du 11 septembre.

Scénario catastrophe

Et si cela se retrouvait dans les mains de mercenaires qui iraient ensuite utiliser leurs talents ailleurs. Coté Ukrainien, on pense aux factions nationalistes et xénophobes qui demain peuvent se retrouver dans des pays voisins, comme hommes de mains de mafias locales, … La situation dans les Balkans, en Macédoine, ex-Yougoslavie, Albanie, Hongrie voir Grèce n’est pas suffisamment saine économiquement pour ne pas voir s’installer ce type de milices. La montée des nationalismes qui accompagne la crise ajoute encore au risque. Coté Russe, c’est également le problème. Poutine joue un double jeu, se méfiant des révoltés pro-russes tout en essayant de tirer parti de la situation. Pris à la gorge par la situation financière de son pays, il ne voudrait pas qu’un sentiment de révolte arrive dans quelconque région de Russie ou dans une république périphérique. L’assassinat d’un opposant au régime (mais aussi ancien ministre du régime corrompu d’Eltsine…), montre que les armes circulent aussi beaucoup dans la capitale russe. Dans une Ukraine qui a du mal à conserver les services élémentaires de l’état, dans les deux camps, voir un afflux d’arme supplémentaire n’augure de rien de bon après une révolution orange pacifique et une autre plus meurtrière. La colère populaire trouverait là d’autres moyens d’expression.

Les dés sont-ils pipés ?

map-ukraine-nuke-reactors-300x227La France et l’Allemagne, surtout, ne veulent pas officiellement fournir un soutien aux forces ukrainiennes qui perdent du terrain. Officieusement, on sait que des conseillers de l’OTAN sont intervenus sur place, au même titre que des soutiens russes pour les forces ennemies. Lorsque l’on se rappelle que 4,4% des exportations françaises étaient dûes à l’armement dans les années 80 et que les chiffres restent discrets pour les exportations actuelles (2 armes sur cinq saisies à Boko Haram sont de provenance Française, selon des sources Tchadiennes), il est légitime de se poser des questions sur la réelle volonté de neutralité des leaders européens, mais surtout de résolution du conflit. L’affaire des frégates Mistral non livrées à la Russie est intéressante : Alors que l’on livre des avions Rafales à ce qui s’avère une dictature en Egypte, comment expliquer cette non livraison sinon par la possibilité d’autres accords lucratifs, ou des promesses de commandes pour les chantiers STX (capitaux Norvégiens et Sud-Coréens! ) de Saint-Nazaire et d’ailleurs ? L’avenir pourrait nous le dire. Il a été avéré que, malgré les promesses, des armes françaises ont été livrées sur le théâtre Syrien. Le discours laudateur d’Hollande sur l’arme nucléaire ne devrait pas nous rassurer. Et comme dit l’adage, si ce n’est pas nous qui fournissons les armes, ce sera un concurrent. La Grande-Bretagne s’est déjà positionnée en apportant un soutien aux forces ukrainiennes qui ne s’arrêtera certainement pas à quelques officiers d’instruction. Mais surtout le problème principal est de proposer une alternative durable à la solution militaire pour fixer à nouveau les frontières dans ce conflit aux portes de l’Europe. A cela, la réponse diplomatique peut difficilement venir des pays scandinaves, cette fois, ou d’une diplomatie européenne décidément absente et désunie. Le temps joue-t-il pour Poutine ou l’OTAN ? chacun le croit et gageons qu’il joue surtout pour les marchands d’armes.

Le #Blogging du Dimanche : Zyed, Bouna et moi


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En ce week-end d’élections, j’aurais pu continuer de parler de cette campagne des départementales 2015. A la lecture des professions de foi de mon secteur, une chose m’a frappé (en dehors du tract du FN qui ne dit même pas d’où sortent les candidats!) : Tous ces candidats ne me ressemblent pas, pas même aux personnes que je connais autour de moi. Et parallèlement, le procès de la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-bois, avait lieu.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Zyed benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans) sont deux garçons qui furent électrocutés dans un transformateur EDF, pour échapper à un contrôle policier. Ils n’avaient commis aucun crime, sinon celui d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Leur mort provoqua des émeutes dans les “banlieues” il y a 10 ans. Dans le dernier volet judiciaire de cette affaire, la relaxe est demandée pour les policiers. Pouvait-il en être autrement ? Certains croyaient faire le procès d’un système en mettant deux policiers comme accusés mais c’est un leurre. Un des policiers accusés soulignait que personne de sa hiérarchie n’a réagi au danger couru par les enfants lorsqu’ils sont rentrés dans cette zone dangereuse. La vraie question est bien de savoir ce qui peut pousser à fuir la police lorsque l’on est innocent ? La réponse est simple : En avoir marre d’être contrôlé pour un rien à cause de sa couleur de peau, et tout ce qui va avec.

Natif d’une ville qu’un ancien président a voulu nettoyer au Karcher, élève dans un collège-lycée qu’on pourrait juger difficile aujourd’hui, utilisateur des lignes de train de banlieue, j’ai pu voir cette fracture de la société s’aggraver de jour en jour. Et ce n’est pas un hasard si elle se retrouve aussi dans les partis politiques. En plus de 35 ans, j’ai pu voir l’abandon progressif d’une “Dalle” où l’on avait avant des commerces, une antenne de mairie, de commissariat, une bijouterie, où la mixité sociale a disparu. Le commissariat a d’abord fermé, puis des services de proximité, la bijouterie a été prise pour cible parfois chaque mois, jusqu’à ce que son propriétaire craque, d’autres commerces ont suivi. Seul un dispensaire reste et pourtant ce n’est pas un lieu dangereux comme on peut parfois en décrire dans les médias sensationnalistes. Remettre une antenne de commissariat maintenant ? Le Policier n’est plus vu comme une source de sécurité mais comme une source d’emmerdes, à force de fermer les yeux (souvent sur ordre) ou de contrôler toujours les même, ceux qui sont seuls, de couleur et qui souvent ne font rien d’autre qu’aller ou revenir d’un boulot le matin et le soir. Comment veut-on après avoir confiance dans cette société pour vouloir s’y impliquer dans un parti politique ? Le profil reste finalement caricatural : Retraité ou en fin de carrière, jeune ambitieux et doué qui aura tôt fait d’oublier d’où il vient (et peut-on lui reprocher…), chef d’entreprise qui s’est fait tout seul, enseignants… C’est à peu près ce qu’on retrouve comme stéréotypes dans les listes principales.

Où sont-ils les français qui galèrent, survivent ? Nulle part, ils n’ont pas le temps d’aller dans des réunions politique, le soir alors qu’ils reviennent crevés de leur boulot ou doivent s’occuper de leurs enfants. Que pourraient-ils trouver comme intérêt à entrer en politique ? Aider son prochain, améliorer la société, quand on se sent abandonné ou exclus… Soyons réaliste, nous creusons de jour en jour un fossé de plus en plus profond. Il y a parfois des contre-exemples, des ouvriers devenus députés sur le tard, des employés devenus secrétaires nationaux d’un parti… Mais il en faut de la rage, de la hargne pour pouvoir cumuler tout cela, et des circonstances professionnelles y aidant aussi. Comme d’autres, je me suis posé la question parfois d’entrer en politique. J’ai observé, écouté dans les partis qui auraient pu répondre à mes attentes et j’y ai trouvé soit un copinage causant un immobilisme maladif, soit un amateurisme flagrant. Et comme je ne suis pas du genre à m’insérer dans le premier cas…

J’ai très vite compris que je n’avais pas le bon profil, au contraire d’un camarade de régiment aujourd’hui député. Lui avait la bonne couleur, le cursus parfait avec les études administratives, le coté lèche-botte qui va bien. Il n’a jamais travaillé ailleurs que dans une mairie et pourtant nous parlera de l’entreprise, de la finance, de la ruralité…Il n’a jamais connu de Zyed et Bouna, à part peut-être dans 10 mois sous les drapeaux. Mais il les a vite oubliés. Pas moi…Pas plus que les oubliés du système éducatif, les surdiplômés orientés sur des voies sans fin, et tant d’autres. Cette propension à l’oubli ou à ne pas comprendre ce que peut ressentir l’autre est ce qui va nous tuer à petit feu. On appelle cela le manque d’Empathie. Quand on sait que ce terme a été utilisé depuis la révolution industrielle, il y a de quoi se poser des questions sur le développement tardif de cette notion, ainsi que sa liaison avec le monde des arts.

Alors, même si certains candidats ont certainement de l’empathie, les contenus des tracts de ces départementales ressemblent à un mélange sans âme de mots vides de sens et de quelques exemples locaux vides d’impact. Mais, contrairement à moi, beaucoup voteront pour l’étiquette de la marque, pardon du parti, plutôt que sur son contenu. Un peu comme quand on achète un smartphone, ou des baskets, la politique est un produit. Et pas de chance, je n’ai jamais été sensible aux marques…

Le #Blogging du Dimanche : tableau d’une micro-société française


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Au départ, j’avais prévu un article plutôt geek parlant de programmation, d’ergonomie et autres trucs qui emmerdent le grand public. Mais l’actualité s’impose et c’est finalement de politique dont je vais parler.

Non, ne fuyez pas tout de suite, on va essayer de rendre ça un peu plus vivant que les ridicules comiques qui font semblant de se disputer dans l’hémicycle. Car c’est bien le ridicule d’un Valls en colère contre Marion Maréchal Le Pen qui continue de tuer la discussion politique en France. Notez que j’ai collé un “discussion” avec “Politique”… Je vais vous parler de ce que je vois, entend tous les jours autour de moi, des discussions de café, de collègues. C’est parfois un très bon indicateur de ce qu’il se passe et le premier ressenti est évidemment que l’on ne soucie pas de “nous”. Qu’ils soient cadres sup ou ouvriers, ce qui ressort est bien qu’il y a coupure entre politique et les français. Le diagnostic n’est pas un scoop… Certains n’iront pas voter, d’autres, de plus en plus nombreux parlent d’alternative, de ras le bol, ….de Front National. Et certains continuent à voter par habitude plus que par conviction pour la même étiquette.

A ce moment là, il arrive de parler des autres alternatives, les vraies. Le front de gauche et l’extrême gauche de Poutou et Besancenot, souvent rangés ensemble, sont soit vus comme utopiques et hors des réalités ou soit comme une porte ouverte aux …”étrangers”. (Les écolos, on en parlera plus loin et le centre n’existe plus).

Oui, ce qui revient malheureusement en masse dans les conversations, c’est cette peur et cette haine (plus ou moins virulente) dirigée contre l’autre. Il n’a pas forcément de nom, d’existence proche, cet autre, mais il est souvent noir ou arabe, voir rom (désolé mais là je reprends les termes exprimés), souvent caricaturé, fantasmé. Et l’on réentend des termes et des clichés vus trop souvent à la télévision qu’une confrontation avec la réalité bat en brèche. Mais qu’importe si tout cela n’existe pas, l’idée est ancrée dans les têtes maintenant. A force d’avoir entendu les Hortefeux, Sarkozy, Wauquiez, Le Pen, Philippot, mais aussi Valls, entretenir le brasier, le feu de la haine de l’autre a continué à bruler.

Derrière ce qui est souvent un sentiment de jalousie par rapport au sentiment d’avoir été abandonné par la France, il y a une montée de l’individualisme. L’évasion fiscale ne choque plus, “ils” aimeraient faire pareil. On (oui le On indéfini…) veut être pris en compte, mis en valeur, exister enfin et jouer sa carte, répondre à ses envies. Le jeune veut être propriétaire, et déjà parvenir à payer son loyer décemment. Il se dit que les aides, les HLM c’est pour les autres pas pour lui. Il répète le discours sur l’assistanat sans pointer un exemple vu par lui même. Sait-il seulement de quelle aide il pourrait bénéficier lui même? Les lois passent après tout cela et on entend souvent “De toute façon, eux ils font ce qu’ils veulent”. Dans le eux, vous mettrez alternativement les riches et puissants et les étrangers, ceux qu’on a fantasmé un peu avant. La loi n’étant pas respectée ou appliquée, on se dit alors qu’on peut soit même s’en passer. Les plus anciens voudraient revenir aux trentes glorieuses. Ceux qui sont partis de rien pour arriver à un poste de cadre sont sans pitié pour ce qu’ils appellent les “assistés”. Ils se “sont faits eux même” et voudraient que tout le monde fasse comme eux.

Après ce rapide et sombre tableau, on peut alors se poser la question de la réponse à donner. Les promesses de croissance, la peur du front national, la solidarité… Désolé mais là, je crois qu’on fait fausse route. La situation en est à un tel point, que la solidarité, tout le monde s’en fout, pensant plus à protéger ce qui lui reste et à son petit égo. Voilà donc pourquoi les réponses individuelles, parfois totalement opposées les unes aux autres, font recette. Voilà ce que tente de faire Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et ce que fait parfois un Valls dans ses déplacements : Promettre ce que son interlocuteur désire, promettre et encore promettre. Voilà ce que l’extrême gauche ou la gauche de la gauche ne peuvent ou ne savent plus faire. Mais faut-il le faire alors lorsque l’on est de gauche ? On appelle cela du populisme (tiens, on taxe Melenchon de populiste….!?) de la démagogie… On connait le résultat : Promesses non tenues, colère s’ajoutant à la colère, sentiment d’abandon, violence….

Remarquez, je n’ai pas encore parlé des écologistes. L’écologie ne revient que péjorativement dans les conversations et les écologistes sont rangés avec l’extrême gauche. Des extrémistes qui veulent freiner une économie et une consommation galopante. Mais dès que l’on parle de danger, de Tchernobyl, de pesticides, de gaz de schiste, de choses qui pourraient toucher directement sa maison, ses enfants, l’écologie parait nécessaire. Ce paradoxe montre le manque de réalisme des propositions vertes mais aussi la liaison avec cet individualisme, voir cet égoïsme.

Alors je cherche des réponses, je tente la discussion argumentée, j’essaye de battre en brèche les idées reçues. Non, ça ne marche pas. Les images, les unes racoleuses sembles plus fortes que les mots. Elles s’ajoutent, s’accumulent, s’insinuent. A elles s’ajoutent des mots, des formules cinglantes, des actes symboliques; La peur aussi, celle de ces terroristes lointain qu’on croient cachés chez le voisin; La peur qu’on entretient avec des émissions les crimes et délits, des “enquête d’action”, “en quête d’actualité”, “Au coeur de l’enquête”, “90′ enquête” et leurs reportages achetés au mètre sur un modèle stéréotypé. Cette peur s’ajoute à celle des lendemains et empêche de reprendre pied, de reprendre le fil normal de sa pensée, d’avoir une réflexion de fond sur le fonctionnement d’une société humaine, pour ne pas dire plus humaniste. Comment peut-on rassurer d’abord ? L’argent, le CDI, l’entreprise florissante… On nous répond flexibilité, réduction de salaire, délocalisation, protectionnisme, actionnariat sans rien bâtir au delà. Court-termisme de la politique et de l’économie.

L’état ne peut pas tout ? Oui, mais à force de démissionner de tout, de promettre et de fermer les yeux ensuite, il nourrit peurs et haines. Et l’état a peur lui aussi, peur qui s’exprimait justement dans cette colère de Valls, la peur de perdre ce qu’il avait, autant le pouvoir qu’une société de castes qui ne dit pas son nom, la peur de ne plus pouvoir acheter la paix sociale par le clientélisme. Qu’ils se rassurent, dans les conversation, personne n’est encore prêt à prendre les armes, juste à défendre son chez soi, ses enfants. Mais dans les urnes, l’étincelle est là, et ce n’est pas un hasard si son logo est une flamme, entretenue par l’égoïsme de toute une société. Et je me dis que finalement, le danger au fond, ce n’est pas le Front National (même s’il en apportera), c’est bien nous même et notre narcissisme. Et plutôt que de soigner les conséquences, mieux vaudrait s’attaquer aux causes du mal. Un peu comme une addiction ou un virus, Le FN (et d’autres…)répond par un discours facile et immédiat jouant sur nos envies, nos mauvais coté. Mais lutter contre ça, c’est déjà se combattre soit même, ce qui n’est pas facile.

Le #Blogging du Dimanche : Ethnocentrisme, bien et mal


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La semaine dernière, je continuais à lire les débats qui animent la Framasphère et je me suis arrêté un moment sur une phrase “Vous êtes drôles, franchement drôles ! Vous seriez des visionnaires alors ? C’est un peu foutraque, non ? Et surtout un peu vaniteux”. Son auteur se reconnaîtra et d’ailleurs je ne le vise ni lui ni aucun autre. Derrière cette phrase, il y a le fait que le #végétarien ou le végétalien/ #vegan peut parfois se sentir comme un “visionnaire”, comme quelqu’un qui aurait raison contre tout le reste du monde. Il suffit de penser que le végétarisme est une solution pour diminuer son empreinte écologique et tout de suite on se retrouve à penser cela.

Mais derrière cette phrase, il y a aussi le fait que l’on croit trop souvent que le végétarisme, c’est un truc de bobos occidentaux alors que d’autres sociétés dans le monde sont bien antérieures dans la pratique du végétarisme. Les raisons en sont diverses (religion, environnement, ….) mais en aucun cas on ne peut dire qu’être végétarien aujourd’hui, c’est être visionnaire. Au mieux, cela est éthique, écologique, et d’autres mots en “ique”. Là où intervient l’ethocentrisme, que des philosophes considèrent comme inhérent à l’homme, c’est justement dans cette propension à penser que Notre société détient des solutions, des vérités que les autres ignorent. Un exemple qui agite la protection animale, c’est évidemment le fait que des peuples mangent des chiens ou des chats, animaux considérés chez nous comme “de compagnie” et non comestibles. La Chine arrive souvent en tête de ces pays barbares. Nous oublions au passage les élevages de chiens chez les aztèques pour préférer se souvenir de la déification du chat chez les égyptiens . Nous oublions le rôle du chat chez les musulmans pour se focaliser sur l’abattage rituel. Nous oublions la corrida et les combats de coqs dans notre pays, pour donner des leçons ailleurs. Nous oublions le sort que nous réservons aux chevaux, aux batraciens, aux escargots, et même aux rongeurs dans nos sociétés occidentales, sans parler de la sacralisation des bovidés en Inde. Il faudrait plusieurs livres pour faire la liste de ces paradoxes génants.

Nous avons tout simplement décidé que notre “éthique” devait être celle du monde entier. L’éthique est reliée à la morale, aux moeurs, aux habitudes….Donc aux traditions. Voilà tout le paradoxe de faire une “science” de quelque chose qui se base, en partie, sur une non réflexion : La Tradition. Quand peut-on dire que quelquechose est mal ? Par la majorité ? Par la volonté des puissants ? L’esclavage est aujourd’hui vu comme contraire à l’éthique. Pourtant, il continue d’exister et a été une tradition dans nos sociétés occidentales jusqu’à il y a peu, à l’échelle de l’histoire humaine. Il serait complexe de décrire ici le processus qui a amené progressivement à son abolition, ceci s’étalant à travers les ages. Nous pourrions également nous pencher sur les relations que nous considérons aujourd’hui comme pédophiles et qui ont été tolérées autrefois dans des sociétés que nous considérons aujourd’hui comme développées. Nous sommes tous d’accord pourtant pour sacraliser l’enfant de ce point de vue et de condamner tout acte sexuel le visant et cela quelque soit le pays dans le monde. Le poids de l’ethnocentrisme est donc très variable.

Notre ethnocentrisme dans cette lutte entre bien et mal est complexe. Il donne immanquablement lieu à des formes de racisme allant même jusqu’à expliquer certains conflits ou massacres ethniques. J’en reviens donc à une question initiale : L’ethnocentrisme est-il “naturel” chez l’homme. Qui dit ethnocentrisme parle également de la supériorité supposé de l’homme sur l’animal, ce qui donne l’exploitation animale et toute ses dérives. Dans le débat revenait alors la question : Comment l’animal considère-t-il l’homme ? Le considère-t-il lui aussi comme inférieur? Bien malin celui qui trouvera la réponse comme pour dire si l’ethnocentrisme fait partie de l’homme. Car en admettant que nous ayons nos différences, conclure sur ce qui serait le propre de l’homme est impossible du fait même des différences qui nous opposent. Le philosophe n’en est pas moins homme lui même et veut lui même asséner des vérités, sinon convaincre du bien fondé de sa pensée. Alors pour en revenir sur le fait que le végétarien aurait raison ou pas, qu’il serait visionnaire ou pas, là n’est finalement pas le problème ou le débat.

Le véritable débat n’est pas de savoir si l’un est dans le bien ou le mal mais quel serait l’intérêt commun. Et là où se trouve l’erreur de notre réflexion, c’est d’arrêter l’intérêt commun à l’Homme et non à tout ce qui l’entoure dans l’environnement fini qu’est la planète terre. A cet échelle, le bien ou le mal prennent un autre sens, plus complexe avec l’ensemble des interactions dans le vivant. Et de ce point de vue là, j’ai tendance à penser que parfois des sociétés primitives ont beaucoup mieux compris les choses que nous. L’ethnocentrisme ne serait pas inhérent à l’homme mais c’est plutôt le fait que l’homme se croit au centre de tout. Ce à quoi on m’opposerait que dans les religions monothéistes, c’est dieu qui est au centre de tout. Mais à lire les textes sacrés, écrits par des hommes, l’impression qui domine c’est pourtant que tout tourne autour de l’homme et non de la nature. A moins d’aller voir d’autres croyances religieuses où les dieux se situent eux même dans la nature.

Bon, je pourrais continuer longtemps comme cela sans que cela ne fasse avancer grand chose. Je n’ai ni la prétention d’être visionnaire, ni celle d’être philosophe. Je me dis simplement que parfois nous nous égarons dans nos discussions à penser plus à nous qu’à ce qui nous entoure et fait que nous existons.

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