Le #Blogging du Dimanche : Saut dans l’inconnu


Au moment où je commence ce billet, je ne sais pas encore de quoi je vais parler. C’est que je ne voulais rien écrire de précis, ne pas céder à une idée jetée dans un coin, dans une note.

Pourtant, durant toute cette semaine, beaucoup de choses se sont passées, autant personnellement que dans ce triste monde (oui, il n’est pas très joyeux, vous ne trouvez pas). Tiens, justement sur Framasphère, j’en ai vu s’écharper autour du véganisme, de l’anti-spécisme etc… OK, j’en ai fait un billet il y a deux semaines, j’ai mis quelques mots dans la conversation mais finalement, à quoi bon user ses forces dans un dialogue stérile entre personnes finalement pas si éloignées . Au lieu de dégoûter ceux qui adhéreraient, je préfère aider ceux qui veulent sauter le pas, travailler à faire connaître les alternatives à l’industriel, au massacre organisé du vivant, dans sa définition la plus large. Mais en France, on aime jouer sur les mots, créer des polémiques sur des petites phrases histoire d’alimenter l’actualité.

Mais surtout j’ai un billet sur l’Automobile sur le feu. C’est quand même beaucoup mon métier, ma passion et j’entends et je lis beaucoup d’approximations ces temps ci. Comme d’autres passionnés, je me désespère du manque de créativité qu’il peut y avoir tant dans le choix des « clients » que dans les choix de conception. Oui, là aussi, on fait de l’industriel aseptisé. J’ai aussi toujours mon billet sur les armes et l’Ukraine, pratiquement terminé mais qui ne me satisfait pas…et trois chroniques musicales en brouillon qui ne veulent pas « sortir ». Avec aussi deux films proches du zéro absolu et qui ne méritent pas d’avoir droit à une critique, me voilà donc au point mort, période « feuille blanche ». Au moins, cela remplit celle-ci.

Ah si, ce Jeudi Midi, j’entendais une réflexion de je ne sais quel chroniqueur radio sur le fait qu’avant on ne collait pas d’étiquettes sur le gens selon leurs origines, leur religion, etc…Et que maintenant c’est systématique. Bon, en y réfléchissant un peu, en revenant sur les souvenirs d’enfance, j’en ai trouvé quelques uns : Le parisien, le breton, le portugais, le polonais… Oui et là soudainement je n’ose penser aux surnoms que l’on a pu me donner ou que l’on me donne surement aujourd’hui. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui on ramène souvent les gens aux origines de leur noms, alors que finalement nous sommes tous des habitants de ce pays, voir de ce continent. Tiens, vous voyez, je reviens au spécisme, mine de rien. Et là je remarque que moi aussi je tombe souvent dans ce piège dans les discussions. Je parle de la situation en Turquie avec le collègue turc…bien qu’il ait la double nationalité. Je parle de Bretagne avec le breton, de religion avec le collègue juif ou musulman. Ok, pas trop avec l’ultra catho du coin… Et je me demande finalement quand cela a changé, ce qui a provoqué cette petite mutation qui pourrait en annoncer d’autres. Et là, j’ai envie de me replonger dans l’histoire, comprendre comment des pays ont sombré parfois dans des folies collectives, dans des pogroms, des massacres, des épurations ethniques. Mai pour ça, cet article n’y suffirait pas.

Dans mon adolescence, dans mon collège de ZUP, on voyait des juifs portant la kippa, mais on s’en foutait. Il paraît que ce n’est plus possible maintenant…J’avais des camarades avec des noms exotiques et je m’en fichais bien d’où il venait : C’était de bons copains, point. Maintenant, on a l’impression qu’il faut afficher son pédigrée. Avec mon nom pas très « français », cela joue des tours étonnant parfois et je passe de l’Allemagne à la Suisse en passant par Israël et la Hollande. Et là, pourtant, je me souvient très bien que mon nom ne passait pas inaperçu chez les petits cons toujours prompts à se moquer de ceux qui sont différents. Je me souviens aussi qu’on demandait parfois la religion en classe, au début d’année, ou la nationalité…Rien que ce fichage de prof mériterait un livre, tant on retrouve un catalogue d’incongruité. Un peu comme si, lorsque je fais une formation à des personnes, je leur demandais de remplir une fiche avec des choses qui sont, avant tout, personnelles et n’interfèrent pas avec le sujet que j’enseigne.

L’humain aime ranger dans des cases. Tenez, en musique, je le vois bien. Il faut bien aider le lecteur d’Histozic.fr à s’y retrouver, à avoir des repères lorsqu’il parcourt le site. Alors ce sont des catégories qui trônent en haut dans le menu, des mélanges étranges parfois que nous nous délectons, mes chroniqueurs et moi, à dynamiter en trouvant des OVNI musicaux franchissant allègrement toutes les frontières. Que voulez-vous, j’aime le mélange, le métissage comme on dit. Et je me surprend même à me dire qu’on s’emmerderaient tous si nous étions tous pareils, tous vegans par exemple. Enfin, d’ici là, y’a quand même du boulot, et notamment se défendre contre ce que l’on nous prépare sournoisement, à savoir nous réarranger dans de nouvelles cases, des castes de revenus, d’origines, de nouvelles ghettoïsations. Les pauvres ne veulent plus des riches qui ont peur des pauvres. La classe moyenne se divise en inférieure et supérieure et rejette les SDF, les chômeurs et ses anciens congénères, de peur d’être contaminée par une maladie mystérieuse, la pauvreté. Les riches se parquent entre eux et se classent aussi en castes, sous castes, en nouvelles aristocraties.

Allez, j’en ai assez écrit pour aujourd’hui, sans avoir l’impression que cela serve à grand chose, sinon user un temps de plus en plus précieux, au fur et à mesure que l’on se rapproche de la fin….

#blogging du dimanche : Loi du marché ou loi de l’actualité ?


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Courant de semaine dernière, alors que l’actualité était très chargée, j’avais l’intention d’écrire un article pour Unidivers sur le sujet Ukrainien.

Je l’ai déjà abordé 2 ou 3 fois mais cette fois j’avais trouvé un angle différent : La fourniture d’armes et les conséquences dans les conflits contemporains. J’avais commencé à réunir les données, à bâtir mon plan et entamé la rédaction de l’introduction. Mais comme ce n’est qu’une activité secondaire, je n’ai pas eu le temps de pondre l’article suffisamment vite dans une actualité qui va elle aussi très vite. Après les réunions multipartites de Minsk, il y a eu cessez le feu. L’Ukraine n’est pas forcément le sujet qui passionne les foules pour l’instant en France et d’autres sujets (souvent plus superficiels) sont venus prendre la place.

Une autre information a été passée sous silence, ou presque : La mort de Louis Jourdan. Et là j’en entends déjà me répondre “C’est qui ça?”. Louis Jourdan était un acteur français avec une particularité : Il a fait la majorité de sa carrière aux Etats-unis. En France, on l’a trop souvent jugé comme le “french lover” oubliant ses nombreux talents (chanteur, acteur, animateur…) et la palette de jeu qu’il a su insufflé dans de nombreux personnages. Il est le type même de l’acteur sous-estimé par la France, jalousé sans doute pour sa réussite hollywoodienne. Et il a eu le malheur de décéder à 93 ans le jour où des attentats se produisaient à Copenhague.

Pourquoi ces deux sujets, à priori si différents,  réunis ici ? Tout simplement pour montrer que l’actualité est sans pitié, sautant du coq à l’ane. Des sujets éclipsent trop vite ceux qui apporteraient de la culture, du recul. On ne prend plus le temps de comprendre, de creuser. Dans une activité devenue purement commerciale, on cherche à capter le client, histoire de s’assurer des revenus publicitaires. La vision du documentaire “Les Gens du Monde” m’a confirmé ce clivage qui peut exister dans cette activité :  Doit-on fournir ce que les gens attendent ou essayer de leur proposer autre chose, les instruire, au risque des les perdre? Doit-on courir sans arrêt après l’information ? Un passage du documentaire montre Arnaud Leparmentier se poser des questions sur ce dernier point. Une question que je ne devrais pas me poser, n’étant pas dans la même posture. Et pourtant, il m’arrive de laisser tomber des articles avec dans l’idée qu’il n’intéresseront plus personne, avec dans l’idée qu’il est trop tard. Et même le blogueur se retrouve dans ce même cas, entre ce qui est “vendeur”, coller à l’actualité, ou bien simplement faire ce qu’il a envie de faire, de partager.

Alors la culture pour la culture a quelque peu émoussé ma plume ces temps-ci. Le temps se fait aussi rare pour pondre quelque chose d’un peu plus profond ou recherché. Il y a évidemment une manière de présenter un sujet ardu pour le rendre passionnant. Par exemple en attirant par un titre, en trouvant un angle inattendu… J’ai renoncé à faire une nécro de Louis Jourdan et il faudrait que je trouve un film à inclure dans la cinémathèque idéale pour le mettre en valeur. Mais là encore, je ne suis pas du genre à pondre une analyse du film complète, préférant aussi laisser la liberté au lecteur de se faire une idée et de revenir ensuite en discuter. Tout le paradoxe est donc de donner envie de découvrir un sujet ou une oeuvre, ce qui revient à faire de la publicité, tout en refusant de tomber dans le mercantilisme journalistique, c’est à dire la recherche de ce qui fait vendre avant la recherche de l’information. Ce paradoxe, on le retrouve de plus en plus souvent dans le décalage entre Une et Contenu, ce qui peut créer de la déception et donc la perte du lectorat. On peut citer les exemples de Libération et Charlie Hebdo pour ce cas, voir du Monde dans sa phase récente. On en revient finalement à **la cause racine : Le financement du journalisme**. Ce financement qui pousse les chaines de télévision à en faire trop dans les faits d’actualité, comme pour la poursuite des frères Kouachi. Mais le drame est que lorsque le CSA les menacent pour des fautes bien avérées, le corporatisme l’emporte sur l’auto-critique. De censure de l’information, il n’y a point ici en France, par le CSA mais plutôt par les capitaux qui empêchent d’aller enquêter sur ce qui serait contraire aux intérêts financiers des medias. Mais là, c’est l’Omerta.

Dictature de l’audience, dictature de l’argent face au droit d’informer, de cultiver. Le match est vite gagné dans le modèle actuel. Qu’il semble loin le temps où les journaux n’avaient pas de publicité pour vivre ! Qu’il semble loin le temps où je lisais un Moniteur Automobile sans la moindre page de pub. Le net permet de réinventer l’information et pourtant on retrouve le même système de financement par la publicité. Ce à quoi on a répondu par des outils anti-pubs…qui maintenant vendent leur accès à la whitelist aux groupes de publicité. Je suis assez content qu’Unidivers fonctionne autrement, par le mécénat local, le bénévolat, pour reconquérir petit à petit ces territoires du savoir et de l’information que nous avons laissé perdre.
Même si je regarde les chiffres parfois, je préfère oublier toute notion d’audience, de fréquentation car au final cela perturbe trop ce que l’on écrit. La première chose devrait être la passion, dans le sens noble du terme. Et quand on la perd, mieux vaut arrêter, partir à sa recherche que de continuer sur une fausse piste … Bref, ce fameux article sur les armes et l’Ukraine, je finirais bien par l’écrire un jour (pour tout vous dire, il avance bien…) , le sujet revenant hélas sans cesse dans l’actualité.

chúc mừng năm mỗi : L’autre nouvel an


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Comme chaque année, j’écris au sujet du nouvel an asiatique et plus particulièrement vietnamien. Si j’ai déjà abordé l’utilisation de cette fête pour le rayonnement culturel de la Chine à travers le Spring Festival de CCTV, si j’ai parlé du nouvel an à Hanoi, je n’ai pas parlé de la France et du 13ème arrondissement de Paris.

Pour ceux qui l’ignorent, le 13ème comprend une large zone que l’on appelle le Chinatown français. En réalité, il y a d’autres quartiers qui réunissent la communauté asiatique, comme Belleville par exemple, mais la zone autour des tours Olympiades est emblématique, notamment lorsque les réfugiés vietnamiens ont trouvé refuge ici. Depuis, la Chine, principalement, mais aussi Laos, Cambodge, et autres pays du sud est asiatique, ont conquis ce petit territoire pour y installer des magasins, restaurants, et associations, rendant ce quartier d’apparence froide, beaucoup plus vivant. Et il l’est d’autant plus dans les 2 semaines avant le nouvel an, ou Têt au Vietnam, ainsi que les  semaines après. Enfin vivant, c’est à voir, car c’est aussi la période où la famille se réunit. On trouve donc quelques boutiques fermées pour cause de regroupement familial, au pays ou ailleurs.

C’est donc la période où l’on prépare le plat traditionnel du Têt, le Banh Têt et son pendant le Bang Chung, qui diffèrent par la forme. Il faut se procurer le riz gluant, le soja jaune, les feuilles de bananiers et avoir de longues heures devant soi pour la cuisson. Mais pour ceux qui ne maîtrisent pas cette préparation, il y en a partout dans les boutiques, et évidemment les 2 mastodontes : Paris Store et Tang Frères. Ces deux boutiques, dont la déco vient d’être renouvelée, animent la vie du quartier en sponsorisant les décorations chatoyantes et en organisant avec les associations le défilé annuel. Mais il ne faudrait pas négliger les concurrents comme Exo Store, Big Store… Ils m’en voudraient, vous croyez? Pendant cette période, la fréquentation des magasins explose, les parkings avec, jusque dans la rue où la double file devient la norme. Qu’importe car tout se fait dans une ambiance festive, sans énervement apparent. Des danseurs viennent animer les dragons dans la galerie commerciale, des pétards explosent et emplissent l’atmosphère d’une senteur se mélant aux habituelles éfluves de laque, d’encens, et d’épices. On décore de rouge et d’or, avec des chèvres ou des moutons cette année, en plus des branches de cerisier en fleur et des arbustes à Kumquat.

Dans ce désordre organisé et cette cohue, le végétarien a du mal à trouver son bonheur et il faut aller voir du coté des pagodes pour trouver les variantes végétariennes des plats traditionnels. Il y en a une par exemple du coté de Bagneux. Sinon il faut fouiller dans les surgelés de Pakkai, en face de Tang Frères, ou bien chez Paris Store et son concurrent qui ont aussi des Cha Gio (les nems en vietnamien), des Banh Bao, … Des spectacles ont lieu aussi dans la zone Ivry, Choisy, 13ème et les tickets se vendent dans quelques boutiques du quartier quelques semaines à l’avance. A la télévision, on retrouve les spectacles de VTV4 qui montrent alternativement les évènements d’Hanoi et de Saigon / Ho Chi Minh Ville, avec un brin de propagande, évidemment. Mais ils n’ont pas l’aura du grand voisin chinois qui consacre des millions à cela.

Dès Jeudi, c’est donc parti pour une semaine festive, familiale, où l’on partage une multitude de plats dont les recettes ne sont pas toutes si compliquées. Et comme on dit au Vietnam, chúc mừng năm mỗi !

Le #Blogging du Dimanche : Je végète, … Ils meurent


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Je suis végétarien… Pire je suis végétalien. Je dis pire car si le #végétarien est déjà regardé de travers, le Végétalien / #Vegan passe carrément pour un illuminé.

Et oui, dans notre beau pays, qu’y a-t-il de mal à manger des fromages, des produits laitiers et des oeufs ? Vous savez, les jolies poules qui gambadent et les vaches qui donnent du lait comme par magie. Pour le français de la ville que je ne suis pas vraiment, l’oeuf et le lait ne sont pas un problème du point de vue éthique. A la limite, on évitera l’oeuf en batterie pour l’oeuf bio, histoire de garantir une bonne vie à la poule. Pour le lait, oh, elle a eu un veau, et alors, on le mangera de toute façon. Et puis ça fait des emplois, et patati et patata.

Les fameuses normes qui feraient chier les agriculteurs ne sont pour rien dans l’adoption des batteries pour les poulets, les élevages hors sols et le fait qu’un poulet a une feuille de papier A4 pour vivre, gavé de médicament. Et quand il est bio, la norme est habilement détournée pour la rentabilité. La ferme de mon enfance avec les poulets dans la cour, disparaît de plus en plus vite, puisqu’en plus on oublie de filer les subventions au bio au profit des potes de la FNSEA. Et pour le lait, imaginez qu’on vous viole avec une machine pour vous mettre du sperme d’un mâle reproducteur à peine vous atteignez l’age de procréer, qu’on vous enlève votre enfant pour ne pas qu’il boive trop de ce précieux lait, qu’à peine remise du velage, on vous ré-insémine et qu’une fois bien épuisée par ces velages à répétitions, on vous emmène à l’abattoir après 1/3 de votre espérance de vie normale, plus souvent 1/4. C’est ça la vie d’une vache laitière lambda en dehors de quelques exploitations exemplaires de plus en plus rares.

Square 111
L’autre jour, je regardais une “page de publicité” télévisuelle et je voyais défiler des spots à n’en plus finir : Des gâteaux, des barres chocolatées… Je voyais des vaches et des poulets en batterie, des orang-outans perdant leur forêt. Un parfum de luxe… Je voyais des lapins, des chiens dans des laboratoires de test. Un shampoing, un détergeant… Je voyais des porcs, des chats dans des laboratoires. Un médicament miracle contre les maux de tête…Et hop, encore des animaux. Des bâtonnets de poisson ou des boites de sardines… Et me voilà à voir des filets dérivants, des poissons rejetés morts à la mer, des tortues, des dauphins pris dans les filets. En 10 minutes de publicité, je n’ai quasiment vu que des produits qui massacrent joyeusement la nature, les animaux, ces 1700 milliards d’animaux par an. Si je compte bien, c’est 32 millions animaux qu’on a du tuer pendant ces publicités.

Heureusement pour mon état mental, je ne pense pas à ça tous les jours, à tout moment. Et pourtant, quand on me demande pourquoi je suis “assez con” pour être végétalien et ne pas profiter de toutes les bonnes choses, dont j’ai profitées au début de ma vie d’humain d’ailleurs, je devrais répondre ça…. Pour 32 millions d’ animaux morts inutilement. Car ne me dites pas que l’on n’a pas le choix !
Le vrai progrès, c’est ça.

PS : [Au joyeux vege](http://joyeuxvg.free.fr) cherche toujours une ou des personnes motivées pour le faire vivre

#Blogging du Dimanche : Radio Gaga


Ce n’est pas le fan de Queen  qui va parler mais un auditeur de radio lambda qui s’exprime. Si je me penche sur mon comportement d’auditeur depuis mon adolescence, j’ai parcouru pas mal d’ondes de la bande FM. Et j’ai vu beaucoup de changement de politiques de la part des radios. Il faut dire aussi que j’ai connu les années 80 (ouah, le vieux !) et donc le début de la FM française, les expérimentations les plus foutraques et l’évolution vers la radio commerciale comme on la connait aujourd’hui. Et c’est bien là que le bas blesse.

Aujourd’hui, une radio FM c’est un truc bien calibré, avec une cible bien définie autant par le style musical que par l’âge de l’auditeur. Et en fonction de cela on a un panel représentatif, une grille, une playlist. Qu’importe si un jour Skyrock passe du pop-rock au rap puis à la Dance. Qu’importe si Le Mouv change de nom et oublie le rock pour le RnB commercial. Il faut garder sa cible et donc évoluer avec elle…ou plutôt non, ne pas grandir avec elle mais répondre aux besoin des annonceurs qui eux s’alignent aussi sur cette cible. Il suffit d’écouter les publicités sur les radios pour bien comprendre qu’elle est la cible définie : Trentenaire, Adolescent, Cadre d’entreprise, etc… Sur les radios musicales, tout reste bien bordé. Sur les radios généralistes et d’information, on coupe cela en tranche horaire avec surtout celle cruciale du matin, le 6-9, quand on se réveille, qu’on va au boulot, etc…

Le problème dans tout cela, c’est qu’on retrouve des stéréotypes identiques de radio en radio avec des playlists de plus en plus courtes et déjà prémachées par des études marketing et des préselections des majors. N’espérerez donc pas découvrir de nouveauté extraordinaire car vous aurez déjà droit à la campagne de pub pour l’artiste en question un peu partout. Il est bien fini le temps où c’était l’animateur radio qui bossait sur une playlist, allait à la découverte d’artistes etc… Enfin, si ça existe encore mais ailleurs. Et pour les genres musicaux, on ne trouve que des choses bien aseptisées genre pop-rock-electro, variété, rap et dance commerciale, et ce qu’on appellera polîment rock. Oubliez les extrèmes, les musiques expérimentales… Les seules exceptions sont le jazz et le classique qui sont bien rangés à part. Pas de metal, même symphonique, pas de hard rock même mélodique alors qu’un public conséquent existe, cf la popularité du Hellfest. Cela date d’il y a bien 15-20 ans déjà et n’est pas près de s’arranger. L’exemple du rock est symptomatique : Les seuls radios qui se labelisaient ainsi étaient Le Mouv (groupe Radio France) et Oui FM. La première vient de se suicider en s’appelant Mouv et en changeant de cible. Le seconde s’est ringardisée depuis la reprise en main d’Arthur pour vieillir son auditoire à coup de « classiques » consensuels et de nouveautés pas trop violentes ou bénéficiant d’un buzz bien organisé par des spots de pub. La radio a la mémoire courte et et les “classiques” sont souvent amputés de quelques solos pour rentrer dans le format de 3minutes30 en RadioEdit.

Oui, le vrai boulot d’animateur, qui n’est pas celui d’un amuseur public, il se fait encore dans les radios locales, celles qui n’ont pas d’argent, qui n’intéressent pas les majors. C’est là qu’on parle des petits groupes et artistes locaux, des concerts et spectacles dans des petites salles désargentées. C’est là qu’on trouve encore quelques passionnés capable de parler 2 heures durant de musique sans nous ennuyer. C’est là qu’on peut apprendre et non être simplement distrait. Et il reste également les décrochages régionaux de Radio France, alias France Bleue, du moins avant que la nouvelle direction veuille peut-être faire un peu de ménage pour rentabiliser tout ça. On peut rajouter encore Nova et FIP, quelques spécialistes sur des radios thématiques que certains appellent maintenant “communautaires” essentiellement parisiennes, et le tour est vite fait.

Mais la Radio est en mutation avec Internet (ou oubliera la radio numérique terrestre bien mal partie). Là on peut trouver un choix plus large de musique mais c’est plus compliqué niveau animation. Rares sont les émissions réellement animées et c’est plus souvent une playlist thématique dont le seul intérêt est d’être différente de ce que l’on rencontre sur les ondes. Quelques radios locales trouvent un plus large auditoires grâce à cela et je repense à Paranoid sur Radio-Campus Dijon par exemple qui était un des plus beaux exemples de ce que pouvait apporter la radio en découverte et chronique musicale. Vince a depuis arrêté tout ça car cela prend beaucoup de temps. Avec les smartphones, le paradoxe est d’avoir un choix énorme de stations du monde entier, d’applications associées comme Tune In par exemple et pourtant on peut tomber aussi dans les même stéréotypes. La radio peut être aussi remplacé par les sites de streaming comme Deezer ou Spotify, sites qui s’orientent aussi vers une domination des majors qui trouvent un débouché à leurs produits. Reste alors d’autres sites indépendants où il faut être curieux, mais là, j’en parlerai dans quelques temps. En attendant, ouvrez bien vos oreilles et soyez curieux.